Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La Légion Rhumaine

Compte rendu des dégustations du club de rhum et de ses activités.

14éme dégustation (décembre 2015)

Publié le 30 Décembre 2015 par Picsus - Taquetus - Greyus - Cesar

14éme dégustation (décembre 2015)

Nous voici déjà en décembre pour notre dernière dégustation de l'année. La soirée ayant été reportée pour de multiples raisons (c'était juste César qui était malade...), nous nous retrouvons la veille du réveillon de Noël. C'est, comme à son habitude, Xavier qui nous reçoit généreusement chez lui. Pour une fois, l'assemblée arrive quasi à l'heure, ce qui fait qu'on lance rapidement l'apéro. César, ayant récemment fêté son anniversaire, a l'immense bonté de nous offrir celui-ci. Ce soir ce sera Zacapa Gran Reserva Solera 23, citron vert, deux traits de Bitter Angostura, Ginger Ale et glaçons. Recette pompée du stand Zacapa au salon de Spa. Et c'est, une nouvelle fois, excellent.

14éme dégustation (décembre 2015)

Notre hôte a, quant à lui, prévu une surprise qui arrive juste en plein apéro ( tiens donc!). Il s'agit de Pierre-Yves Smits, créateur de la marque de spiritueux Dr Clyde. Toute nouvelle distillerie implantée à Seraing, en région liégeoise. Ayant récemment créé un alcool qu'il a baptisé Rum du Dr Clyde, il paraissait intéressant qu'il vienne nous parler de son produit. Et c'est chose faite, grâce à Xavier. Alors, le but, ici, n'est pas de lancer une polémique ou un débat inutile. Je vais vraiment essayer d'être le plus transparent et le plus neutre possible dans mon récit. De ce que j'ai retenu, il s'agit, en fait, d'un distillat de cassonade de betterave ayant été vieilli durant une semaine à l'aide de copeaux de bois. Le but est d'avoir un produit ayant une couleur et un profil aromatique semblable à du rhum, boisson que Pierre-Yves semble particulièrement affectionner.

On ne peut donc pas, raisonnablement, parler de rhum.

14éme dégustation (décembre 2015)

Même si au fond, certains d'entre nous avons eu notre idée sur la question, nous n'avons pas cherché à savoir pourquoi l’appellation Rum avait été adoptée. Le nom de ce spiritueux devrait, de toute façon, changer dans un futur relativement proche. Pour ce qui est de la dégustation en elle-même, c'est assez bluffant et un néophyte pourrait vraiment croire qu'il déguste du rhum. Malheureusement, ce n'est pas le cas.

De nombreux points positifs ont tout de même été relevés lors de cet essai, bien que les deux batch mis à disposition, présentaient des différences notables. Pour votre information, la distillerie produit également de l'absynthe.

Après cette « petite introduction », nous commençons enfin notre dégustation (tant mieux, parce qu'on est à la bourre) :

Rivière du Mat XO

14éme dégustation (décembre 2015)

Pour débuter notre voyage du jour, direction l'île de la Réunion, avec Rivière du Mat, l'une des plus vieilles distilleries de l'île (1886). Elle est transférée à Saint-Benoît en 1984. Récemment rénovée, c'est dorénavant la plus grande distillerie de la Réunion, 1er producteur (400 hectolitres d'alcool pur par jour = 80000 bouteilles de rhum) et 1er exportateur (85% de sa production). Elle utilise la mélasse des sucreries du Gol et de Bois Rouge. Elle produit du rhum agricole, traditionnel et du rhum léger... Place à la dégustation, il s'agit du Rivière du Mât XO, assemblage de 5 rhums vieux traditionnels ayant vieilli au minimum 6 ans en fût de chêne et titrant 42%.

14éme dégustation (décembre 2015)

Au niveau de la couleur, nous avons de l'or profond. C'est joli et visiblement gras mais les fines jambes retombent assez vite dans le fond du verre.

Au nez, c'est vraiment très agréable, doux, et gourmand. On est face à un produit frais et fruité à souhait. Les fruits exotiques prennent le dessus sur les agrumes, le miel, la mélasse et les épices. De légères notes de réglisse et un petit côté herbacé se font aussi ressentir. Également présent, le boisé se fait plus discret.

L'attaque est plutôt franche et le liquide tapisse bien la bouche. On retrouve encore les fruits exotiques (noix de coco), les agrumes (plus particulièrement l'orange),et les épices mélangées au bois. Le chocolat fait, quant à lui, son apparition. C'est toujours aussi plaisant et relativement accessible. L'alcool est parfaitement intégré et l'ensemble est équilibré.

La finale est persistante et équilibrée. On reste sur le registre des fruits exotiques en y ajoutant une petite pointe de zeste d'orange et de mélasse. Le boisé et les épices ( poivre) ne quittent pas les papilles. Une très légère amertume est présente en rétro.

La soirée commence d'une bien belle manière! Un beau produit (assez peu plébiscité) qui fait plutôt bien le travail pour un prix correct (comptez environs 45€) C'est fruité, accessible et certaines notes nous ont d'ailleurs fait penser, à de nombreuses reprises, aux Single Barrel de chez New Grove.

Cette distillerie est d'ailleurs notre prochaine étape :

New Grove Solera 25 ans

14éme dégustation (décembre 2015)

Restons dans l'océan Indien et plus précisément à l' Île Maurice avec le New Grove 25 ans solera. Il s'agit, ici, d'un assemblage de rhums traditionnels âgés de 8 à 25 ans, avec, comme son nom l'indique, un vieillissement en méthode solera, limité à 2000 bouteilles et titrant à 40%. C'est en 1838 que 3 frères Harel font l'acquisition du domaine de la sucrerie Belle Vue afin de développer la production de sucre de canne dans le nord de l'Île Maurice. Ce n'est qu'en 1932 que la société Harel rachète la distillerie OK & Co ltd qu'il rebaptise Grays. En 2004, grâce au partenariat avec la société Quartier Français de la Réunion (nouvelles techniques de vieillissement avec l'achat de fûts de grande qualité), le rhum vieux traditionnel New Grove est né.

14éme dégustation (décembre 2015)

Au niveau de la couleur, nous avons de l'ambre avec de beaux reflets or. De longues et fines jambes se dessinent tout autour de la paroi.

Au nez, c'est frais et très fin. On décèle la mangue si marquée dans les Single Barrel. La vanille se manifeste en second plan. C'est fondu et épicé.

Bien que la bouche soit d'une belle fraîcheur, on ressent de légères notes d'alcool. C'est toujours aussi fruité sur la mangue, l'orange, le fruit de la passion et l'ananas. Un sensation de bois humide envahit la bouche avant de laisser s'exprimer les épices (poivre). Nous avons également des notes de café.

La finale est douce, ronde mais manque un peu de punch. On reste sur les épices, le café et bien évidemment cette mangue, toujours aussi présente.

Habitués au single Barrel, nous avons voulu franchir un cap avec cette carafe. Le packaging et le prix le placent dans la catégorie des rhums haut de gamme (comptez 175€, tout de même). Nous ne sommes, cependant, pas dans le même registre que les Single Barrel et il nous a été difficile de faire la part des choses même si bien évidemment, il s'agit, ici, d'un excellent rhum. Il lui manquait, peut-être, un peu d'explosivité en bouche et en finale.

14éme dégustation (décembre 2015)

Pour ce troisième rhum de la soirée, c'est Bruno, ayant également eu son anniversaire récemment, qui nous fait le plaisir de nous offrir la dégustation de :

Compagnie des Indes Guyana 13 ans (Port Mourant still)

14éme dégustation (décembre 2015)

Port Mourant single cask 13 ans version réduite à 43% (il existe également une version cask strength à 58% dont nous ferons prochainement la note). Nous vous avons parlé de cet embouteilleur indépendant dans notre dégustation n°13Dans ses singles casks, donc, il n'y pas d'ajouts de sucre, de caramel ou autres ;juste de l'eau osmosée pour la réduction du degré. Quelques mots sur Port Mourant : il s'agit d'une des plus anciennes distilleries de Gyuana datant de 1732 et utilisant un double alambic dont la base est en bois. Il fût choisi par la Royal Navy pour le caractère et la profondeur de ses rhums. Unique au monde car toujours utilisé, il est d'abord transféré à la distillerie Uitvlugt, et en 2000, à la distillerie Diamond. Nous avons ici un rhum distillé en octobre 2002 et embouteillé en octobre 2015, fût MPM63, 225 bouteilles produites.

14éme dégustation (décembre 2015)

Au visuel, nous avons quelque chose de très clair, de très pur. On se situe entre l'or et une couleur un peu plus paille. Pour les habitués des produits El Dorado ou Velier (ddl), ça en est quelque peu déstabilisant. Le liquide forme, malgré tout, un très joli col.

Le nez est encore un peu plus déroutant. On part, dans un premier temps, sur des arômes typiques de certains rhums Jamaïcains ! On est en plein sur du vernis ou de la colle. Vient, ensuite, au bout d'une petite aération, un petit côté herbacé, des notes d'écorce et de plantes. On finit tout de même à retrouver peu à peu nos repères avec ces raisins secs, propres aux rhums du Demerara. Des notes de réglisse, de pain d'épice et de poivre complètent ce nez bien différent de ce qu'on a pu connaître jusque-là.

En bouche, l'attaque, quelque peu sèche, se porte vers les raisins et la réglisse. Le tabac se mélange avec le miel et les épices sans pour autant prendre le pas sur le reste.

La finale, moyennement longue, est assez linéaire sur des notes toastées et de miel. L'alcool se fait assez bien ressentir.

Un rhum pour le moins déroutant. La couleur s'explique par son vieillissement en Europe et l'absence de colorant. Le nez est vraiment particulier, surprenant sans pour autant être désagréable. C'est même très prometteur bien que nous ne soyons pas ici dans le registre des classiques de Guyana. En bouche et en finale, c'est assez sec et moins gourmand que les Demerara habituels (pas d'ajout de sucre ici, rappelons-le). Un rhum pas si facile à apprivoiser. Il lui aurait, peut-être, fallut une plus longue aération pour qu'il puisse délivrer ses arômes au maximum. Un rhum qui ne demande qu'à être redégusté... Santé Bruno !

Il nous reste, à ce stade, trois bouteilles à déguster et tout le monde est impatient de faire la connaissance de CE volatile bleu...

Commenter cet article