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La Légion Rhumaine

Compte rendu des dégustations du club de rhum et de ses activités.

Dégustation de novembre (part II)

Publié le 9 Décembre 2015 par Picsus-Greyus-Cesar-Taquetus

Dégustation de novembre (part II)

Nous voici de retour pour la seconde partie de notre dégustation.

Pour la petite anecdote, il faut savoir qu'à la base, la majorité du groupe a découvert l'univers du rhum grâce au Ron. Des rhums de mélasse, solera pour la plupart, doux, gourmands mais affichant rapidement leur limite. Au fil des semaines et des soirées de dégustation (parfois assez récurrentes chez certains!!), le groupe s'est orienté doucement mais sûrement vers les agricoles ou les navy, et en particulier les full proof (brut de fût). Quelques légionnaires restent, cependant, plus que fidèles aux rhums d'origines latines. Pour nos rendez-vous mensuels, nous établissons, in fine, un line up le plus varié possible afin que tout le monde puisse y trouver son compte. Ce qui nous amène précisément à notre 5ème Rhum de la soirée :

Mombacho 21ans Sherry finish – 43%/vol:

Dégustation de novembre (part II)

Direction le Nicaragua avec Mombacho Ron (nom du volcan). À base de mélasse, Mombacho propose une gamme allant de 8 à 21 ans avec diverses finitions. Ce soir, ce sera le 21 ans Sherry finish, élevé en fût de Bourbon avec un affinage en fût de Xérès espagnol (il existe également un 21 ans finition Porto). C'est un single cask qui titre à 43%.

Au niveau de la couleur, nous avons de l'or soutenu avec de jolis reflets cuivrés. C'est gras et ça colle pas mal au verre.

Le nez, gourmand et sucré, est fortement porté sur la vanille et le caramel. C'est assez traditionnel pour un Ron bien que des notes de tabac et de café font leur apparition en second plan. C'est, de prime abord, assez linéaire et le manque de complexité se fait rapidement ressentir. Cependant, après une légère aération, du cuir animal se dégage de la cheminée.

En bouche, on est sur quelque chose de gras, sucré et fumé rappelant un peu le style Millonario. Des raisins secs font leur apparition à côté des grains de café torréfiés et des feuilles de cacao. L'alcool en entrée n'est, cependant, pas très bien intégré. L'ensemble donne, malgré tout, un rendu correct

La finale, relativement moyenne, se conclue sur des notes exotiques, fumées et épicées avec une pointe de réglisse. C'est doux et agréable même si cet alcool, présent en entrée de bouche, n'est toujours pas maîtrisé.

Place dans la catégorie Ron haut de gamme, ce Mombacho plaira plus que certainement aux amateurs du genre. Loin d'être parfait, c'est plaisant et facile à boire sans être pour autant écoeurant. De manière générale, cela a plu à tout le monde. Le prix (110€) n'est, par contre, pas des plus attrayant et seuls les vrais amateurs du genre pourraient y trouver leur compte.

Pour cet avant-dernier rhum, nous avons réussi à nous procurer un reliquat du 3 Rivières 1998 embouteillé par la Maison du Rhum et amené par Taquetus himself. Mais voilà, en plus d'avoir mis plus de la moitié de sa bouteille à disposition du groupe, Jeff ne s'est pas arrêté en si bon chemin. Il a, en effet, apporté la version officielle du Trois Rivières single cask 1998. Et, grande classe, il a décidé d'ouvrir son bijou pour que nous puissions comparer ces deux millésimes 1998. Une occasion qui ne nous sera, sans doute, jamais plus offerte. C'est tout simplement énorme !! La battle aura donc lieu ce soir, pour notre plus grand plaisir...

Trois rivières Single cask 1998-2008 - Fût n°124 (Missouri) Bouteille n°333 – 44,8%/vol

vs

Trois rivières Single cask 1998-2012 - Fût n°C8-200 (Missouri) Bouteille n°215/272 – 46,2%/vol

Dégustation de novembre (part II)

L'histoire du domaine débute en 1660, même si la fabrication du rhum débute timidement en 1785, c'est seulement en 1905 que la production de sucre est arrêtée pour produire uniquement du rhum. Depuis 2004, le rhum est distillé à Rivière Pilote (La Mauny) où la colonne originale a été déplacée. On refait donc le match!!!

À notre gauche: un 3 Rivières single cask 1998, version "classique " embouteillée le 31/10/1998 et mise en bouteille le 28/10/2008, fût numéro 124 ( type Missouri) titrant 44,8%.

À ma droite: la version belge "10ème anniversaire de la maison du rhum" sélectionné par John van der Pluym, embouteillée le 31/10/1998 et mise en bouteille le 9/11/2012, fût "test" chêne-châtaignier, 272 bouteilles titrant 46,2%.

Dégustation de novembre (part II)
Round 1 : Couleur

Ce 98 SC présente une éclatante couleur cuivrée avec de beaux reflets dorés. Il est visiblement gras et exhibe de belles et longues jambes. Nous constatons également la présence de légers dépôts dans le verre.

La couleur du 98 MR est, quant à elle, plus profonde, plus intense. Nous avons ici de l'acajou avec de superbes reflets cuivrés. Un autre registre. C'est, également, assez gras.

Match nul

Round 2 : Le nez

Pour le 98 SC, le nez, porté sur un boisé relativement classique, s'oriente, dans un premier temps, vers quelque chose de frais, léger et iodé. En lui laissant un peu de temps, il s'ouvre ensuite sur des notes de céréales maltées, de gingembre, de poivre et de café.

Le nez du 98 MR est relativement différent. C'est beaucoup plus gourmand, riche et expressif. La douceur se fait immédiatement ressentir et l'alcool, quant à lui, se fait totalement oublier. Le coté vineux et fruité (figue séchée) rappelle quelque peu le vieux sherry. Le chêne et la cire d'abeille ont également été détectés. C'est vraiment très prometteur.

Léger avantage 98 Maison du rhum

Round 3 : la bouche

La bouche du 1998 SC, légèrement alcooleuse, est puissante, fraîche et florale. Plus expressive qu'au nez, on ressent bien le boisé et cette réglisse typique des rhums Trois Rivières. La canne fraîche s'assemble parfaitement avec le coté toasté des amandes grillées. C'est vif et sacrément bien maîtrisé.

En bouche, le 1998 MR est plus rond et plus complexe. L'influence du fût est ici plus présente. Ce côté sirupeux et vineux, les fruits secs (noix et noisettes), le boisé et la réglisse font de ce rhum une merveille. Gourmand et rond à souhait, c'est juste délicieux et parfait.

Nette victoire 98 Maison du rhum

Round 4 : la finale

La finale du 1998 SC est assez longue et épicée toujours sur ce boisé et ce réglisse d'une finesse remarquable.

La finale du 1998 MR est interminable, puissante et savoureuse. Elle se conclue sur des notes boisées et fruitées (figues séchées).

Victoire 98 Maison du rhum

Ces deux Millésimes 1998 de l'habitation Trois Rivières sont tout simplement hors normes. Au visuel, bien que les couleurs et les aspects soient assez différents, nous avons deux expressions des plus magnifiques. Olfactivement, le Single cask 10 ans, plus fougueux et vif, est cependant un peu moins expressif que son aîné. Ses quatre années de moins se font indéniablement ressentir même si cela ne lui enlève rien de ses qualités. L'approche lors de ce comparatif en a été simplement différente. Le 14 ans inspire, pour sa part, la gourmandise et invite indécemment à la dégustation. En bouche, il n'y pas eu de match. L'édition 2008 est vraiment bonne, sans réel défaut avec des arômes familiers pour les amateurs de la marque. Pour ce qui est de l'édition Maison du Rhum, on est sur une autre planète. C'est tout juste extraordinaire. C'est gourmand, rond, complexe et hyper raffiné. Bref c'est parfait!!! Les finales sont, pour leur part, à la hauteur des produits. Nous nous sommes régalés à faire ce match. Pour la petite histoire, à l'issue de la dégustation et des cotes attribuées, l'édition Maison du rhum s'est classée n°1 de notre classement. Le problème est simplement qu'il s'agit de produits devenant quasi introuvables. Le plaisir n'en n'a été que décuplé.

On se remet de nos émotions et nous attaquons le dernier rhum du soir :

Vélier Caroni 1998 high proof - 33st release – 55%/vol

Dégustation de novembre (part II)

Et enfin, pour clôturer cette 13ème dégustation en puissance, direction Trinidad, distillerie d'état en activité de 1918 à 2002.... Caroni... Sucrerie et distillerie dont les rhums étaient rarement embouteillés à leur nom. En 2004, Luca Gargano (Velier) découvre non seulement une distillerie fermée mais un stock énorme de fûts toujours sur place; stock entièrement racheté et vieilli à Trinidad. Dès lors, les prix se sont envolés et ses millésimes de plus en plus rares et recherchés. Il existe également d'autres embouteilleurs indépendants qui possèdent des fûts de Caroni mais qui sont généralement vieillis en Écosse où la part des anges est de 2% contre 10% à Trinidad. La sélection du jour est le Caroni Velier 1998 (33rd release) 16 ans high proof 55%, 3850 bouteilles, vieilli entièrement à Trinidad (part des anges > 77%).

Dégustation de novembre (part II)

Nous avons à l’œil, de l'ambre soutenu avec des reflets cuivrés. C'est, d'office, assez gras et les larmes, épaisses, ne semblent pas vouloir couler dans le fond du verre.

Au nez, ça reste sur le vernis et typiquement sur le caoutchouc et l'hydrocarbure. C'est lourdement concentré et légèrement herbacé. Après l'aération d'usage, le rhum s'ouvre finalement sur des notes de caramel au beurre et de zeste de citron.

L'attaque en bouche, loin d'être agressive, est toujours aussi riche, concentrée et légèrement lourde. Le cuir s’entremêle avec le bois brûlé et les fruits murs avant de laisser la place à ce classique côté pétrolifère.

La finale, très longue se conclue sur des notes fumées, caoutchouteuses et pétrolifères. Nous avions précédemment eu l'occasion de déguster les 31st (1996 HP) et 32st release (1998 FP).

L'édition de ce jour semble se situer entre les deux. Dans le même registre que le 1996 HP, en moins fruité mais plus beaucoup plus accessible que le 1998 FP, plus costaud.. Cela reste un tout bon Caroni, une valeur sure qui pourrait plaire aux aficionados de la gamme.

L'heure est, ainsi, venue de tirer un bilan sur cette 13ème dégustation. Cette soirée a été, une fois de plus, riche et variée. On peut dire que nous avons été positivement surpris par les bally 7ans et le CDI Caraïbes pour leur rapport qualité/prix incontestable. Nous avons pu découvrir le Maja12 ans, un rhum bientôt disponible sur le marché et qui pourra se faire une place de choix dans les rayons des entrées de gamme ''solera''. Nous avons cependant été assez déçus par le J.M cognac et son manque de complexité, et par le Mombacho 21ans Sherry finish et son prix, plus que discutable. On s'est vachement fait plaisir avec deux millésimes 1998, à savoir le trois rivières single cask et le Caroni HP. Et que dire de cet autre millésime de 1998 de chez Trois Rivières embouteillé par la Maison du Rhum... Il s'agit, tout simplement de notre meilleur rhum dégusté et coté à ce jour. Nous avons été définitivement conquis. Une toute bonne soirée, donc, avec un gros clin d’œil à César, Taquetus, et Vincent (c'est quand tu veux!), pour leur générosité. Prochain rendez-vous pour nous, le 16/12/2015, avec une nouvelle sélection qui va faire mal...

LE line up

LE line up

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