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La Légion Rhumaine

Compte rendu des dégustations du club de rhum et de ses activités.

15 ème dégustation (janvier 2016) 1ére partie

Publié le 24 Janvier 2016 par La légion Rhumaine

15 ème dégustation (janvier 2016) 1ére partie

Nouvelle année, nouveaux membres, plein de rhums à découvrir et à noter. On recommence chez Xavier pour cette 15ème édition. Les légionnaires étant, pour la plupart présents et le volet administratif ayant été réglé, on passe à l'apéro avec notre traditionnel rhum coca. Brugal añejo, cette fois. Pour ma part, je trouve qu'en cubata, c'est le meilleur de sa catégorie.

Le line-up est, quant à lui, disposé sur les habituels fûts. Nous sommes enfin prêts à en découdre. Seulement voilà, notre bon César a prévu une nouveauté pour cette année.

Un rhum à l'aveugle avec indices, système de points régressifs et classement. Vraiment top dans la mesure où ça nous permet de travailler un peu et faire appel à nos connaissances pour découvrir ce que nous dégustons.

C'est parti ! De l'ambre assez profond et un nez porté, de prime abord sur le caramel et la vanille, ne nous donnaient d'autre choix que de nous porter vers un Ron. Ceci étant, il y en a beaucoup et les mauvaises langues diront qu'ils se ressemblent tous. Et bien non, en fait... On entend les légionnaires proposer les Zacapa, dictador, diplomatico, quorhum etc...mais nous n'y sommes pas. Il s'agit d'un Ron qui aurait déjà été présenté lors d'une précédente dégustation...Toujours rien. Son degré s'élève à 43...

Bingo pour deux légionnaires.

Il provient de République Dominicaine...Banco... Opthimus 15 ans OportO.

Pas si évident au final, on s'est franchement bien poilé à faire ce petit jeu qui sera réédité à chaque réunion ( bien vu !). Après cette belle petite introduction, nous passons à notre premier rhum de la soirée,

Foursquare Port cask finish :

15 ème dégustation (janvier 2016) 1ére partie

Pour ce premier rhum de l'année, partons aux origines du rhum, une petite île des Caraïbes... La Barbade. C'est effectivement là que débute l'histoire du rhum : agricole vers 1637, ensuite de mélasse avec l'industrie sucrière à partir de 1642...

1- Prenons un site historique : Foursquare, dont l'histoire débute en 1636 avec une sucrerie, qui devient une distillerie en 1737 jusqu'en 1984.

2- Prenons une famille présente dans le rhum à la Barbade depuis 1883 avec Reginald Leon Seale, 13 ans, apprenti d'un Master Blender, qui, en 1926 crée la société R.L. Seale (assemblage, embouteillage et commerce de rhums). Se succèdent fils, petit-fils et enfin arrière petit-fils en 1992, avec Richard Seale, qui, dès l'année suivante, rachète la marque Doorly's.

3- Faisons un blend (tout comme ses rhums) des 2 premiers points et nous obtenons la Distillerie Foursquare, dont les travaux de construction/ rénovation débutent en 1996.

Elle dispose d'une double colonne ainsi que d'un alambic pot still à double retors. Les rhums Foursquare sont donc des blends de ces 2 distillats, assemblage fait directement dans les fûts. À noter également et chose assez rare, Richard Seale prône la transparence, pas d'ajout de sucre, caramel ou copeaux de bois, l'âge indiqué est réel et/ou l'âge du rhum le plus jeune de la composition à l'instar du whisky... Nouveauté dans la gamme, le Foursquare Port Cask Finish (Exceptional Cask Selection), rhum de 9 ans vieilli 3 ans en fût de Bourbon et ensuite 6 ans en fût de Porto de 220l, blend (fût) 162, embouteillé en juin 2014, 40%.

15 ème dégustation (janvier 2016) 1ére partie

Nous avons une couleur ambre avec de jolis reflets cuivrés. C'est visiblement gras.

Au nez, c'est gourmand, doux et pâtissier avec des arômes de vanille, de caramel et de cacao. On retrouve également des épices douces et de la banane flambée. C'est quelque peu vineux.

La bouche, d'une remarquable fraîcheur, rappelle indéniablement le nez. L'attaque, légèrement grasse, se fait tout en douceur sur un léger boisé, les fruits compotés, le bourbon et les épices. Un petit côté végétal et la banane mûre nous ont fait légèrement penser à l'approche du plantation 20th anniversary. Les tanins se font, quant à eux, bien ressentir.

La finale, légère et douce, se porte sur le cacao et l'orange amère. Tanique et quelque peu asséchante, elle a été jugée plus que correcte.

La bonne première surprise de la soirée. Un rhum assez complet qui a séduit bon nombre de légionnaires pour ses nombreuses qualités et son budget (environ 35€). Un rhum idéal pour débuter un beau line-up.

Finition porto, jamais deux sans trois. Next :

Plantation Belize 2004 Port finish

15 ème dégustation (janvier 2016) 1ére partie

C'est en 1989 qu' Alexandre Gabriel reprend la Maison Ferrand, premier cru de Cognac. Aucun rapport avec le rhum me direz-vous... Et bien si, les fûts... Les fûts de Cognac étant très prisés par les producteurs de rhums, Alexandre Gabriel entretient alors des liens très privilégiés avec les distilleries des Caraïbes en leur vendant ses anciens fûts. C'est au cours de ses échanges et de ses voyages qu'il découvre des stocks très limités et exclusifs. Il décide, alors, d'en rapporter en France pour les affiner en fûts de Cognac, et ce, avec toute l'expérience et le savoir faire cognaçais. La marque Plantation était née... Ce double ageing était largement utilisé au 18ème siècle puis presque totalement abandonné au 19ème. Le rhum est, en fait, vieilli de longues années aux Caraïbes avant d'être transféré au Château du Bonbonnet à son degré naturel pour y être, finalement, affiné de quelques mois voire un an en fût de cognac, sauternes, Porto ou autres... Les rhums Plantation ont maintenant une vaste gamme qui comprend des assemblages, des millésimés ainsi que des millésimés en single cask (étiquettes noires). C'est le cas de notre dégustation du jour... Ce sera le Belize 2004 (Travellers liquors), embouteillé en 2015, fût 2/19, bouteille 328/450, affiné en fût de Porto, 41% ...

15 ème dégustation (janvier 2016) 1ére partie

Au niveau de la couleur, nous avons de l'or profond.

Le nez est, de prime abord, porté sur l'alcool et le vernis. C'est assez concentré et vif. Il s'ouvre, ensuite, sur les fruits exotiques, la pêche et la banane mûre. Le boisé se fait la part belle tandis qu'un côté vineux et herbacé fait son apparition.

La bouche est très agréable, douce et riche. L'attaque est mielleuse et gourmande sur la vanille, le caramel au beurre salé et la coco. Des notes de pomme acidulée et de poivre viennent compléter cette bouche qui se termine sur une petite sensation alcoolisée.

La finale, n'étant pas des plus longues, se porte sur les fruits confits, le caramel et la vanille. L'ensemble finit par évoluer sur la douceur d'un ananas.

Un très joli produit qui comblera, à coup sur, les amateurs de la gamme et du genre. C'est assez accessible et, sans bousculer les codes, Plantation nous propose ici quelque chose d'assez différent. Le prix (60Eur) se justifiera, pour sa part, par son âge et sa méthode de vieillissement.

La dégustation se fait crescendo et on se dirige vers notre ''petit'' solera de la soirée :

Quorhum 30Th anniversary

15 ème dégustation (janvier 2016) 1ére partie

Incontournables en République Dominicaine, les rhums Oliver & Oliver sont commercialisés sous de nombreuses marques telles que Exquisito, Presidente Marti, Cubaney, Unhiq, Cubanacán, Opthimus....ainsi que Quorhum, testé ce soir...

L'histoire de cette famille débute en 1868 avec Juanillo Oliver, militaire espagnol envoyé à Cuba (1ère guerre d'indépendance), et qui, à la fin de son service, en 1874, décide de rester sur place, Il y fonde une famille, et cultive le tabac et la canne à sucre. Le domaine sera brûlé lors de la seconde guerre d'indépendance en 1898. La famille abandonne, alors, la culture de la canne pour d'autres activités agricoles et de commerce. Une grande partie de la famille quittera Cuba en 1963 (révolution castriste), pour notamment la République Dominicaine. L'année 1993 marque le retour de plusieurs membres de la famille (y compris Pedro Ramon Lopez Oliver, petit-fils de Juanillo) à Cuba sur les traces de leurs ancêtres. Sur place, en plus de leur histoire, ils retrouvent des centaines de documents concernant formules, dessins, procédés utilisés au 19ème siècle par Juanillo pour la production de rhum. De là, la décision est prise de relancer la famille dans le monde du rhum, en République Dominicaine. En 1994, la société Oliver & Oliver est créée sous l'impulsion de Pedro Ramon en achetant 10000 litres de rhum dominicain pour être affinés, assemblés, mis en vieillissement et embouteillés par leur soin. Actuellement, leurs chais de vieillissement abriteraient environ 6.000 fûts de chêne américain et français (1.200.000 litres), avec pour but 10.000 fûts (2.000.000 litres).

Testons, donc, le Quorhum 30ème anniversaire, vieilli en fût de chêne américain, méthode solera, 40%.

La couleur est assez traditionnelle sur de l'ambre profond avec reflets cuivrés. Ça colle assez bien au verre.

Au nez, on aurait tendance à dire que c'est prometteur dans la mesure où, mis à part l'habituel caramel/vanille, on ressent des arômes de réglisse, d'agrumes (citrons) et de cuir. C'est doux, floral et assez frais.

L'entrée en bouche est sirupeuse sur le caramel et la vanille. On détecte du pamplemousse, de l'orange et du bois brûlé. L'ensemble manque, malgré tout, de complexité. Le côté fumé vient un peu rehausser cette sensation un peu plate.

La finale, assez moyenne, s'oriente vers la réglisse et les épices. Ce côté fumé, plutôt agréable, n'aura, quant à lui, jamais quitté notre verre ou notre palais.

Un produit solera traditionnel qui se sera traduit par un nez prometteur, une bouche manquant cruellement de complexité et une finale un peu trop linéaire. N'ayant pas séduit la majorité du groupe, ce Quorhum, n'aura pas pour autant deçu. Comme vous l'aurez deviné, il n'aura pas été, non plus, une révélation. Le prix, pour les aficionados, est assez correct (comptez 69Eur).

Comme bien souvent lors de nos dégustations, le meilleur reste à venir avec des arrêts prévus au Guyana, en Martinique et à Marie-galante.

A très vite pour de nouvelles notes...

La légion Rhumaine

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