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La Légion Rhumaine

Compte rendu des dégustations du club de rhum et de ses activités.

Publié le 10 Janvier 2016 par Picsus-Greyus-Cesar

Nous continuons donc cette très jolie soirée, placée, une fois de plus, sous le signe du plaisir et de la convivialité.

Pusser's Navy :

Passons au rhum de la Royal Navy! Pusser's, du nom du commissaire de bord chargé de la distribution des rations quotidiennes de rhum depuis 1655 jusqu'au 31 juillet 1970 (Black Tot Day). C'est en 1979 que Charles Tobias obtient la recette originale du rhum de la Royal Navy, c'est en 1980 que le public peut enfin découvrir ce fameux rhum réservé jusque là à la marine. Une partie de chaque bouteille vendue est reversée à un fond d'aide aux marins de la Navy, ce qui en fait le plus grand donateur de ce fond (Tot fund). Les rhums Pusser's sont issus d'un assemblage de rhums de Guyana (dont le Port Mourant), de Trinidad et de Barbades et tous distillés par des alambics à repasse. La version du jour est la brut de fût à 54.5%. Découvrons ce rhum historique dont la recette remonte à plus de 300 ans!!!

A l’œil, nous avons une couleur qui vacille entre l'ambre et le cuivré. Les reflets sont, pour leur part, dorés.

Au nez, c'est assez peu complexe. Les arômes de tabac, de café et caramel beurre salé peinent à prendre le pas sur cet alcool très (trop) présent. Ce n'est pas spécialement gourmand.

En bouche, nos appréhensions se vérifient. L'attaque est assez alcoolisée et la sensation au palais n'est pas des plus agréables. L'assemblage n'est absolument pas équilibré. On est balancé entre le sucré (miel et caramel beurre salé), l'amertume, le boisé (voir un goût cartonné) et l'alcool ( beaucoup trop présent). Ca manque clairement de cohérence et, malheureusement, ça se ressent.

Bien que la finale soit longue, elle n'en demeure pas moins décevante. C'est sec et assez fade, toujours ces arômes sucrés et ces notes de tabac. Le bois et les tanins sont également présents mais sous une forme moins flatteuse.

Nous avions, lors d'une précédente dégustation, pu découvrir l'autre pusser's navy (42%). Nous en avions été globalement déçus. Nous voici, quelques mois plus tard, à vouloir réitérer notre essai en dégustant sa version plus musclée (à peine plus chère, comptez environ 40€). La déception aura été, à nouveau, au rendez-vous. Un ensemble peu cohérent et pas du tout équilibré. L'alcool, pas du tout intégré, n'a pas aidé nos pauvres petites papilles...

 

Durant tout ce temps, notre petit perroquet bleu, sagement disposé sur un des fûts, nous fait les yeux doux. Nous n'avons qu'une idée depuis le début de la dégustation : faire sa rencontre...

Silver Seal Guadeloupe 17 ans – Bellevue

Découvrons, donc, un rhum de l'embouteilleur indépendant Italien Silver Seal, dirigé par Massimo Righi , qui, depuis 1979 est bien connu pour ses sélections de whiskies et de rhums d'exceptions et en quantités très limitées, dont ses fameux vieux demerara des années 70 et 80, qui sont fantastiques. Il est également bien connu pour sa société et site de vente en ligne whisky antique, sur lequel on trouve des merveilles... Notons aussi que Silver Seal a toujours un packaging très reconnaissable, très coloré et, pour ce qui est du rhum, employant presque exclusivement des étiquettes représentant des oiseaux exotiques ou des galions. Aujourd'hui ce sera un rhum de Guadeloupe, de la distillerie Bellevue âgé de 17 ans (1998-2015), fût 43 et bouteille 237 sur 270 produites, titrant à 50% et embouteillé en Écosse.

La couleur, superbe, est d'un ambre léger avec des magnifiques reflets dorés. C'est visiblement très gras.

Le nez délivre des arômes exceptionnellement variés. C'est tout d'abord assez fin et complexe. L'alcool ne se ressent, quant à lui, pas du tout.Le bouquet évolue rapidement sur un subtil mélange fruité, boisé et herbacé. Ce premier nez finit par se muer en quelque chose de plus floral. Une sensation de pâte sucrée se mélange, ensuite, au citron et aux fruits verts. Un petit côté acidulé vient ensuite, parfaitement équilibrer l'ensemble. C'est tout simplement superbe.

L'entrée en bouche se fait tout en souplesse. Le liquide est assez gras. Le boisé, légèrement humide, se lie à merveille avec les épices ( muscade) et la réglisse. Le cuir fait finalement son apparition, au détriment des fruits. L'alcool, quant à lui, se fait quelque peu ressentir, ce qui ne gène en rien la dégustation.

La finale est interminable et relativement complexe sur le cuir, le miel et la mangue.

Les adjectifs nous ont manqué tout au long de la dégustation. Il s'agit d'un rhum tout simplement fantastique. Tout a été parfait et rien n'est à redire! Il s'agit d'un produit relativement rare et même si le budget est assez conséquent (environ 160€) je conseille vivement chaque passionné de se procurer un exemplaire si l'occasion lui en était donné. Une de nos plus belles bouteilles dégustées à ce jour ( on dit merci qui? Jackie et.)

Les adjectifs nous ont manqué tout au long de la dégustation.

Il s'agit d'un rhum tout simplement fantastique.

Tout a été parfait et rien n'est à redire! Il s'agit d'un produit relativement rare et même si le budget est assez conséquent (environ 160€) je conseille vivement chaque passionné de se procurer un exemplaire si l'occasion lui en était donné.

Une de nos plus belles bouteilles dégustées à ce jour ( on dit merci qui? Jackie et.)

On termine ce nectar, le temps que Chuck passe en cuisine. Parce que oui, il faut savoir que nous avons des cuistots au sein de la légion. Ce soir, Chuck nous prépare des pâtes avec saucisses aux truffes, échalotes, tomates confites, parmesan..

Bref, une tuerie, merci mon poulet! Après ce petite interlude nous nous tournons vers notre dernier rhum de la soirée . Il est déjà minuit passé et ça commence à devenir long, surtout pour ceux qui doivent se lever le lendemain matin...

Isla Del Ron Jamaïca 30ans

Autre embouteilleur indépendant mais venant d' Allemagne cette fois, Malts of Scotland, qui comme son nom l'indique, embouteille uniquement du whisky à la base mais qui, fin 2012 début 2013, crée une gamme de rhums nommé Isla del Ron, rhums embouteillés brut de fût et de diverses origines (Guadeloupe, Guyana, Panama, Nicaragua, Cuba, Barbades, Trinidad et Jamaïque). C'est justement un rhum de Jamaïque que nous passons à la loupe aujourd'hui. Le Isla del Ron Jamaica 30 ans (1982-2012), 56,2%, 112 bouteilles produites, et issu de la distillerie Long Pond.

Au niveau du visuel, nous avons une couleur qui se situe entre le doré profond et l'ambre avec reflets dorés (selon les uns ou les autres).

Au nez, nous avons les traditionnelles notes de vernis. Après l'aération nécessaire, les fruits compotés (pomme), les épices et le boisé se manifestent. Nous avons également un petit côté floral qui fait son apparition. C'est, à vrai dire, assez prometteur.

L'attaque en bouche est suave et assez riche. Les fruits ( abricot) s'accordent à merveille avec la réglisse et le boisé. C'est ensuite légèrement tannique et alcoolisé.

La finale est moyennement longue, toujours dans le registre de la douceur. Les fruits compotés se font la part belle. On décèle une petite amertume en rétro.

Un beau produit typique des rhums jamaïcains axé principalement sur les fruits. Un très bon rhum mais, de nouveau, au budget assez conséquent (dans les 140€). Pour couronner le tout, très difficile à trouver. Les véritables amateurs de rhums jamaïcains pourraient trouver facilement des alternatives moins onéreuses. Bien qu'il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit, ici, d'un rhum ayant véritablement 30 ans.

L'heure est ''déjà'' venue de tirer un bilan. Pour commencer, le Rivière du Mat XO a été la bonne petite surprise de la soirée pour son approche et son prix. Le Silver Seal, LE rhum de la dégustation, a été un véritable coup de cœur. Le New Grove a été très plaisant à bien des égards mais le budget a été jugé trop excessif. Pour la première fois, la Compagnie des Indes ne s'est pas montré des plus accessibles gustativement. Je suis certain qu'il demande du temps et plusieurs dégustations avant de vraiment pouvoir l'apprécier à sa juste valeur. Il a, de toute façon, un potentiel certain. Le Isla del Ron a été relativement bien apprécié sans pour autant avoir transcendé la foule. Le Pusser's est, quant à lui, à oublier définitivement. Une très belle dégustation, qui finalement n'aura pas été des plus accessibles gustativement (et financièrement...). La soirée fut tout de même excellente avec des rhums plutôt orientés vers la puissance et le caractère assumé. A très bientôt pour de nouvelles notes...

La légion Rhumaine

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