Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La Légion Rhumaine

Compte rendu des dégustations du club de rhum et de ses activités.

Dégustation de Janvier 2éme partie

Publié le 7 Février 2016 par La légion Rhumaine

Dégustation de Janvier 2éme partie

Nous voilà de retour pour la seconde partie de soirée. Voici, enfin, un rhum que notre César nous garde depuis un certain temps et qu'il nous tarde de déguster :

Rum Nation Demerara 1990 23 ans

Dégustation de Janvier 2éme partie

Passons ensuite à un embouteilleur indépendant italien (et oui il y en a quelques uns!!! Et ce ne sera pas le dernier...) : Rum Nation, créé par Fabio Rossi en 1999. 

Né en 1961 "dans les bouteilles" (son père Mario Jr a commencé à importer vins et spiritueux dès 1956), il obtiendra un diplôme d'œnologue. En 1992, il crée sa société de négoce de single malts "Wilson & Morgan", mais avait déjà remarqué et goûté en Écosse, dès 1990, de vieux fûts de rhums de colonies anglaises, en vieillissement aux côtés des fûts de whiskies. Dégustations marquantes puisque quelques années plus tard, quelques conseils précieux de Silvano Samaroli et achats de fûts chez Bristol (Demerara 75 et Jamaïque 74), il crée Rum Nation. Il décide alors de partir lui-même à la recherche de ses rhums à la source, en commençant par la Barbade en 2000. Lors de ses nombreux voyages, en 2004, il découvre une distillerie inconnue au Pérou, produisant un rhum doux et délicat, la rachète et crée la marque "Ron Millonario"...

Quant à Rum Nation, la gamme n'a cessé de s'étoffer avec actuellement bon nombre de provenances et d'âges différents. En règle générale, le rhum est vieilli de 6 à 8 ans sur place puis ramené en Europe pour la suite du vieillissement (fûts de whisky, Pedro Ximenez, Brandy). Niveau packaging, le point commun de toutes ses bouteilles est la reproduction d'un timbre poste du pays d'origine du rhum, petit clin d'œil de Fabio Rossi qui était un collectionneur passionné depuis son plus jeune âge... 

La dégustation de ce soir est le Rum Nation Demerara 1990, 23 ans, finition en fût de sherry, 920 bouteilles, 45% 

Dégustation de Janvier 2éme partie

Nous avons, ici, une couleur des plus traditionnelles pour un rhu du genre. Nous sommess, en effet, sur de l'ambre profond avec de magnifiques reflets cuivrés. C'est, en tout cas, très joli et ça invite, sans délais, à la dégustation.

Nous avons un premier nez qui s'ouvre sur le vernis et le bois rappelant, indéniablement, certains Jamaïcains. Après une petite aération, cela se fait plus gourmand et fondu sur les raisins secs, les pruneaux et les fruits confits. Le bois, également présent, est magnifiquement intégré à l'ensemble. Le vieux Sherry est marqué, quant à lui, par la présence de la figue séchée et la datte. Le bouquet évolue, ensuite, vers quelque chose de plus végétal et anisé. C'est assez riche et concentré.

En bouche, nous sommes sur la continuité de ce superbe nez. C'est toujours aussi riche et gourmand. Les raisins secs s'accordent toujours aussi bien avec ce boisé et cette influence Sherry (avec, ici, de la noix fraîche et de l'amande). Nous avons également détecté des arômes un peu plus herbacés et torréfiés.

La finale est longue, toastée et intense sur les raisins secs, le bois et les pruneaux. La réglisse, qui ne nous aura finalement jamais quitté, nous accompagnera jusqu'au bout de la dégustation. C'est parfaitement maîtrisé et équilibré.

Un produit tout simplement superbe. Magnifiquement exécuté, il nous emmène là où on a envie d'aller. Un Demerara comme on les adore, fidèle aux marqueurs habituels. La finition Sherry apporte quant à elle un réel plus, sans pour autant dénaturer le produit. Friands de rhums provenant de Guyana en règle général, nous avons, ici, pris énormément de plaisir à déguster une des dernières versions proposées par Mr Rossi. En effet, La société Demerara Distillers Limited (DDL ou El Dorado), ayant récemment fermé les robinets, il ne nous sera bientôt plus loisible de déguster un tel produit. Comme bien souvent donc, si vous avez l'occasion de vous procurer une telle bouteille, n'hésitez pas. Pour notre part, nous avons pu le toucher à 120Eur.

Nous continuons notre voyage et nous nous dirigeons tranquillement vers la Martinique. Seulement voilà, notre bon Greyus a un petit cadeau à offrir à l'assemblée. Ou plutôt deux 'petits cadeaux', devrais-je dire : les parcellaires 1 et 9 de chez Longueteau. Il faut savoir que nos dégustations sont, en général, orientées vers les rhums vieux. De ce fait, les rhums blancs sont (peut être à tort), ainsi, mis de côté.Greyus a sauté sur l'occasion afin de nous faire profiter de deux des produits les plus plébiscités dans leur catégorie. Un tout grand merci à lui pour ce beau geste. Une note comparative sera, par ailleurs, prochainement publiée.

Revenons à nos moutons et à notre cinquième rhum de notre sélection :

HSE Small cask 2004

Dégustation de Janvier 2éme partie

Départ imminent pour la Martinique, direction l'Habitation Saint-Étienne...HSE...

L'histoire de Saint-Étienne débute en 1863, sur les bases de "La Maugée", sucrerie dont les terres s'étendaient sur plus de 400 hectares. En 1882, elle est rachetée par Amédée Aubery qui la transforme en distillerie agricole, restaure, modernise et transforme les infrastructures. En 1909, la distillerie est vendue à la famille Simonnet qui développe l'activité (elle sera en tête des ventes avec Courville dans les années 50). Elle est rachetée en 1984 par André Dormoy, la distillerie cesse son activité en 1988 lorsque la production est transférée au Lamentin (La Favorite). Elle sera enfin reprise par Yves et José Hayot en 1994, la colonne est transférée à la distillerie du Simon (70.0000L./an) mais le reste du processus (vieillissement, réduction, embouteillage et distribution) se fait toujours à Saint-Étienne. Depuis lors, tout a été revu en profondeur, en passant par le site, l'image de la marque (également modifiée pour HSE), le marketing, le packaging (bouteilles, étiquettes), et surtout pour notre plus grand bonheur, une gamme de produits qui ne cesse de grandir, aussi bien dans les blancs avec les millésimés et cuvées spéciales, que dans les vieux avec les finitions du monde (whisky, sauternes, Porto, sherry dont Picsus nous a fait un comparatif [LIEN]), les millésimés single cask (1998 50 et 70cl, 2003) et les small cask 2004 (test du soir), et 2007 (testé prochainement...).

C'est parti pour le HSE small cask 2004, mis en vieillissement le 1/10/2004 en mini fûts de chêne du Limousin de 55L et mis en bouteille le 4/11/2013, 46%.

Dégustation de Janvier 2éme partie

Nous avons une superbe couleur ambre/cuivrée.La robe présente des reflets dorés.

Au nez, c'est assez concentré et boisé. Nous avons d'abord les fruits avec la mangue, la pêche, l'abricot, les pruneaux. Le noyau aussi. Le bouquet se fond ensuite vers quelque chose de plus pâtissier sur les amendes avec également un côté laiteux.

La bouche est gourmande et concentrée. C'est relativement gras et le palais est parfaitement tapissé. Les abricots sont toujours aussi présents mais se font plus compotés. Toujours sur le registre du bois, on bascule sur la cire d'abeille et la noix fraîche. La réglisse fait sont apparition pour finalement laisser place à une légère amertume. La canne fraîche et un petit côté herbacé complètent cette belle bouche.

La finale est longue et équilibrée. Belle et douce sur les fruits exotiques, elle n'en reste pas moins boisée. La dégustation se termine sur l'amertume du chocolat noir.

Soyons honnête, HSE ne nous a jamais déçu. Et comme bien souvent, ils nous gratifient, comme ici, d'un magnifique rhum. Débordant de qualités, ce rhum figure à n'en point douter sur la liste des rhums qu'il faut posséder (encore un!!). Il faut cependant compter 72 Eur pour 50cl (seul éventuel défaut). Il nous tarde de découvrir la version 2007, qui, apparemment se trouverait dans la lignée de son prédécesseur.

Dernier arrêt de la soirée, Marie-Galante :

Bielle 2007 brut de fût

Dégustation de Janvier 2éme partie

Et enfin, last but not least, partons pour Marie-Galante, l'île aux 100 moulins avec Bielle, dont l'histoire débute en 1769 avec une caféière et la famille Bielle avec ses 4 enfants, dont l'aîné, Nicolas, qui reprendra la propriété suite au décès de son père en 1812. Nicolas s'associe ensuite avec son frère Maximilien pour créer une sucrerie en 1826. Succession complexe, dissolution de la société et reprise se succéderont après la mort de Nicolas en 1847. Le début de la production de rhum agricole date de 1900. Après la seconde guerre mondiale, Bielle tombera en ruine, rachetée en 1955 par Paul Rameaux et laissée à l'abandon jusqu'en 1975, date de reprise en main par son petit neveu: Dominique Thiéry. Actuellement la distillerie produit 2.000 HL d'alcool pur/an (330.000l à 59%), par 3 colonnes Savalle et dispose de 1.000 fûts de vieillissement (bourbon , mais récemment, Bielle a fait l'acquisition de fûts de cognac, vin de Bourgogne et de sauternes...).

Passons à la dégustation, il s'agit du Bielle 2007, 7 ans, brut de fût à 57,3%, non filtré.

Dégustation de Janvier 2éme partie

Au niveau de la couleur, nous avons de l'or profond avec de généreux reflets dorés.

Au nez, c'est puissant. Les arômes se bousculent. Le chêne s’entremêle avec les fruits (mandarine, orange) et les épices (vanille, poivre, piment). C'est aussi assez végétal sur la canne fraîche. Nous détectons également une note acidulée, assez discrète.

L'attaque en bouche est chaude sur les fruits cuits, le miel et les épices. L'ensemble se fond ensuite sur des notes plus fraîches, plus mentholées

La finale, très longue, se fait tout en douceur sur les agrumes (orange et citron) et la canne fraîche. Le boisé, quant à lui, se marie parfaitement avec les épices. C'est remarquablement maîtrisé.

Le premier Bielle dégusté à la légion. Il a fait l'unanimité. C'est un superbe produit. L'ensemble est axé sur la douceur, la fraîcheur et la gourmandise. Un rhum qui se classe tout en haut du tableau. Et vous savez quoi? Et bien oui, si vous avez l'occasion...

Nous terminons déjà (!) cette bien belle soirée. Celle-ci s'est déroulée en trois temps :

Tout d'abord nous avons eu droit aux trois premiers rhums, qui furent relativement plaisants. Le Foursquare a cartonné pour son rapport qualité/prix. Le Plantation a été fidèle à ses traditions. Le Quorhum n'aura, quant à lui , malheureusement pas convaincu l'ensemble du groupe malgré sa douceur et sa facilité.

Nous avons eu, ensuite, droit à une battle improvisée entre les deux parcellaires de chez Longueteau (une note suivra probablement). Encore merci Calo !

Et pour conclure, nous avons eu l'opportunité de déguster trois rhums assez exceptionnels.

Ce fût une fois encore, comme vous pouvez l'imaginer, une excellente soirée.

A bientôt !

Commenter cet article