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La Légion Rhumaine

Compte rendu des dégustations du club de rhum et de ses activités.

17 éme dégustation mars 2016 - Part II

Publié le 30 Mars 2016 par La légion Rhumaine

17 éme dégustation mars 2016 - Part II

Commençons cette seconde partie de notre dégustation par un fleuron du rhum martiniquais...

Neisson 2004

17 éme dégustation mars 2016 - Part II

Une petite distillerie qui a su rester familiale et indépendante depuis sa création en 1931 et qui a surtout su résister à l'absorption par de grands groupes. Petite aussi par la production (400.000l à 55% par an), 488 fûts de vieillissement... Neisson possède ses propres 40 hectares produisant 4.000 tonnes de cannes. Outre leurs rhums blancs très appréciés, leurs rhums vieux sont aussi recherchés que rares (et pas à la portée de toutes les bourses pour les plus âgés). Nous allons tester ce soir un millésime 2004, version 2015 (une version 2004-2011 de 4 fûts avait déjà fait sensation)...

Ce single cask, embouteillé pour La Maison du Whisky, mis en vieillissement le 31/12/2004 et mis en bouteille le 29/07/2015, titrant 45,4%,bouteille 65/498.

17 éme dégustation mars 2016 - Part II

Nous nous trouvons face à une jolie couleur vieil or tirant légèrement vers le cuivré. De subtils reflets dorés se dévoilent discrètement. Nous avons un beau col gras et des jambes relativement lourdes et épaisses.

Le nez nous offre un bouquet complexe, riche, concentré et puissant. Dans un premier temps, nous notons la présence d'un boisé assez fin qui se mélange à un côté épicé fortement marqué par le poivre et les piments. L'ensemble évolue lentement vers quelque chose de plus pâtissier (fruits compotés et cake au beurre). Les fruits frais font ensuite leur apparition avec de l'abricot, de la papaye et du zeste de citron vert. Un petit côté vineux et des fruits secs (amandes) nous ont également rappelé certains aspects de vieux sherry. Une pointe d’acidité vient finalement équilibrer le tout à la perfection.

L'attaque en bouche est puissante et concentrée. Nous retrouvons sans peine les notes les plus marquantes détectées au nez. Nous partons à nouveau sur un registre boisé, épicé (poivre noir et gingembre) et gourmand avec un côté plus biscuité (cookies, noisette). La canne fraîche fait, quant à elle,son apparition. C'est relativement bien exécuté.

La finale est très longue sur le bois, les fruits secs et la réglisse. Nous avons en fin de dégustation une rétro-olfaction quelque peu vineuse (Sherry, Porto).

Quel plaisir de pouvoir déguster cette pièce de collection. Nous sommes encore montés d'un cran au niveau puissance et complexité aromatique. Un rhum au caractère des plus assumés qui a, sans exception, comblé notre assemblé. Seul petit bémol : sa finale jugée peut être un poil trop linéaire. Selon certains légionnaires passés du côté obscur depuis un certain nombres d'années (donc beaucoup trop longtemps), il s'agit d'un produit qui pourrait également convenir aux amateurs de Whisky...

Compagnie des Indes Gyuana 13ans cask strengh

17 éme dégustation mars 2016 - Part II

Comme à notre habitude, petit passage par le Guyana!! Lors de notre 14ème dégustation en décembre 2015 (voir ici), nous avions testé le rhum Compagnie des Indes Port Mourant 13 ans dans sa version réduite à 43%, rhum intéressant et particulier qui nous a donné l'envie de goûter son grand frère... Nous avons ici la version brut de fût à 58%, toujours en 13 ans (octobre 2002-octobre 2015), fût MPM35, 219 bouteilles.

17 éme dégustation mars 2016 - Part II

Nous avons une couleur or pâle tirant vers le jaune. Soulignons qu'il s'agit d'une couleur assez traditionnelle pour cette marque. Les jambes sont remarquablement longues.

Au nez c'est puissant, complexe et atypique. De prime abord, nous notons la présence de vernis et d'alcool qui rend notre breuvage légèrement agressif. Cela s'adoucit rapidement et les arômes familiers nous reviennent avec les fruits sucrés (raisins) et les fruits exotiques. D'une belle fraîcheur, l'ensemble se fait ensuite plus poivré et iodé. Le zeste de citron jaune apporte, quant à lui, une petite pointe d'amertume. Nous avons également un arrière nez sur le tabac et des notes d'agaves fermentés (Mezcal).

La bouche est puissante et chaude. Assez discret, le boisé laisse la place aux fruits compotés, aux grappes et à la banane (un peu trop) mûre. Les notes de boîte à cigare ne cessent, quant à elle, de nous réchauffer les papilles. Le bouquet évolue ensuite vers un registre plus végétal et herbacé. L'alcool se montre une nouvelle fois bien présent. L'ensemble se fait finalement assez astringent.

La finale, assez sèche, est très longue et légèrement boisée. Nous retrouvons les fruits frais (abricots), les fruits exotiques et les épices. Le pamplemousse rose apporte, quant à lui, une petite amertume.

Compte tenu du carton qu'il avait fait sur la toile lors de sa sortie, il s'agissait d'un rhum que nous avions vraiment envie de déguster (encore un me direz vous!). Précédemment, nous avions pu découvrir sa version réduite qui nous avait laissé un sentiment partagé. Le constat a été identique avec ce cask strength. Désigné par certains de nos légionnaires comme étant l'un des meilleurs single cask embouteillés dernièrement par Florent Beuchet, il n'aura cependant pas fait l'unanimité au sein du groupe. Et le moins que l'on puisse dire c'est que les avis ont été assez tranchés. Son côté atypique et sa puissance ont comblé bon nombre de légionnaires. Tandis que d'autres lui ont reproché son manque d'accessibilité et sa finale peu évolutive. Loin des marqueurs habituels des vieux Demerara vieillis sous les tropiques (vous avez dit Velier?), il s'agit cependant d'un rhum non dénué d'intérêt. Si vous arrivez encore à trouver une bouteille (et ce n'est pas gagné), sachez que son prix devrait tourner dans les 75€.

Passons à notre dernier rhum de la soirée. Après une heure d'aération, nous pouvons y aller!

Velier Caroni 2000 selected by The Nectar

17 éme dégustation mars 2016 - Part II

Pour terminer cette dégustation en force et en puissance, direction Trinidad avec sa distillerie Caroni, fermée en 2002 et devenue très célèbre grâce à Luca Gargano et sa société Velier (voir notre 13ème dégustation). Ses embouteillages deviennent de plus en plus recherchés et de fait, atteignent des prix faramineux. Les dernières éditions sortaient en général en 2 versions (réduite et full), mais, nouveauté pour le millésime 2000, outre un magnum, une série de single casks limités entre 180 et 250 bouteilles a vu le jour. La particularité réside dans le fait que les partenaires de diverses nationalités ont pu sélectionner leur fût. Nous nous retrouvons donc avec un single cask suisse, un danois, un italien, deux français et notre version belge sélectionnée par The Nectar. Chaque embouteillage possède, ainsi, son propre packaging (pour le plus grand bonheur des collectionneurs et surtout des spéculateurs!). Niveau alcool, les versions varient aux alentours des 69-70%.

Testons, donc, ce soir la version selected by The Nectar, 180 bouteilles, fût 4655, 15 ans, 71% de part des anges, magnifique packaging (sans être chauvin peut-être le plus beau ;-)...), titrant 70,4%... Va falloir s'accrocher !!!...

17 éme dégustation mars 2016 - Part II

Au niveau de la couleur, nous avons de l'ambre profond tirant vers le cuivré avec des reflets dorés. Par rapport au taux d'alcool, les jambes ne sont pas très longues et il n'y a pas tellement d'accroche sur les parois du verre.

Au nez, nous nous trouvons face à une impressionnante et très grosse puissance aromatique (trop, peut-être, malgré l'aération). C'est bien évidemment fort concentré. Il s'agit cependant d'une édition moins phénolique que la plupart des versions déjà dégustées. Les premières sensations passées, nous pouvons percevoir des arômes fruités sous différentes formes : compotes de fruits, fruits secs (dattes et figues) et fruits frais très subtils (citron). La réglisse, le tabac et le pétrole nous rappellent que nous sommes bel et bien sur un Caroni (si nous avions encore des doutes..). Nous partons ensuite vers un registre plus végétal avec du foin ou de l'herbe fraîchement coupée. Nous avons finalement distingué des notes plus fumées avec du charbon brûlé.

En bouche, ça envoie du lourd, du très très lourd. L'attaque est chaude et astringente. L'alcool est assez présent et il faut attendre quelques secondes après l'entrée en bouche pour pouvoir déceler quoi que ce soit. L'ensemble, toujours aussi concentré, se fait alors plus fumé. Les arômes sont corsés sur le cola, le goudron, la réglisse, le chocolat et l'orange amère. C'est pour le moins costaud.

La finale est très longue sur l'alcool. Par rapport à la puissance et l'amertume de l'entrée en bouche, c'est relativement plus doux (sucre brun). Nous repartons sur les fruits compotés, le bois et un petit côté acidulé. Malheureusement cela reste trop puissant.

Un rhum extrêmement puissant, brutal voire indomptable. Même lorsque nous pensons avoir le dessus, une autre gorgée réveille l'animal féroce qui se prélasse dans nos verres. Un rhum que nous avions découvert à Spa et qui nous avait laissé, pour la plupart, un meilleur souvenir. Un produit qui n'est clairement pas destiné aux néophytes désirant se plonger dans le merveilleux univers de Caroni. Pour ce qui est du prix, il s'agit d'une édition très limitée rappelons-le, nous l'avions trouvé à 115€. Une fois de plus, au jour d'aujourd'hui : y'a plus !! Les spéculateurs le ressortiront peut-être dans 3 ans dans les 500Eur. Si c'est le cas ( et ça le sera), testez d'abord un sample (si vous le trouvez aussi!!!) avant de vous jeter dans la gueule du loup de la bête...

Alors comme d'habitude, tirons un petit bilan de cette soirée. Il est d'un fait qu'en rediscutant de cette sélection avec d'autres, le déroulement du line-up semblait peut être poussif et déséquilibré. Cependant lors du déroulement de la dégustation, cela ne s'est absolument pas ressenti et nous avons passé un très bon moment. Nous avions vraiment la volonté de parcourir les diverses familles en montant en gamme et en puissance. Aucun de nos rhums ne pouvait être comparé à un autre de la sélection (excepté peut être les deux agricoles). La transition entre les catégories s'est effectuée, quant à elle, sans accroc. Premièrement, dans un style qui leur est propre nos deux ron, ont ouvert la danse d'une façon correcte. Mention spéciale pour le Zacapa 2015, un des plus intéressants de la marque. Nous n'avons bien évidemment pas été transcendés mais reconnaissons que les Ron, bien que plus accessible de manière générale, nous provoque de moins en moins d'émois. Ensuite, les deux agricoles, mélangeant finesse, fraîcheur et complexité, ont littéralement séduit notre groupe. Deux magnifiques produits que nous vous conseillons vivement de déguster. Et finalement, nos deux 'full' qui nous auront quelque peu bousculé. Nous voulions de la puissance pour terminer et le moins que l'on puisse dire c'est que nous en avons eu !!!

A bientôt pour de nouvelles notes.

La légion Rhumaine,

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