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La Légion Rhumaine

Compte rendu des dégustations du club de rhum et de ses activités.

17 éme dégustation mars 2016

Publié le 25 Mars 2016 par La légion Rhumaine

17 éme dégustation mars 2016

Nous vous avions laissé dernièrement sur un sentiment mitigé concernant notre précédente réunion. Tout n'avait pas été rose et une partie du line-up avait été assez décevante. Au moins, cela aura eu le mérite de nous réveiller et de nous faire coucher sur papier une nouvelle sélection qui s'annonce des plus intéressantes.

Nous commençons notre soirée par un Ti'vieux. Voici comment nous l'avons préparé:

4cl Karukera vieux

1cl sirop de sucre canne

2 quartiers de citron vert (dont 1 pressé)

2 cubes de glaçon

C'est frais, fin et assez gourmand. Nous vous le conseillons vivement !! Nous remercions, au passage, Karukera, et Madame Sorret Hayot pour nous avoir offert cette très jolie mise en bouche.

On attaque notre traditionnel rhum à l'aveugle. Mais avant ça Gaëtanus ( le prénom est foireux, on le sait tous) a une surprise pour nous : Nos verres !!! Oui nos verres, yeeeeessss !!! Enfin, nous les avons !!! Très jolis, comme nous les imaginions. Encore un énorme merci à lui pour l'effort .

Rhum à l'aveugle donc, dans les nouveaux verres (on ne se sent plus, inutile de le préciser) :Bingo pour un légionnaire du premier coup. Pas mal... Les indices se dévoilent mais nous n'avons qu'un nom ( composé des lettre J et M) en bouche. Nous n'y sommes cependant pas. Même île pourtant... Après avoir gratté un peu, on découvre que César nous a placé le Trois Rivières triple Millésime. Certains légionnaires n'y croient toujours pas.

On commence notre line up :

Dictador 12 ans

17 éme dégustation mars 2016

A la simple évocation de la marque Dictador, notre esprit nous envoie des images de jolies slaves toutes de cuir et latex vêtues au large décolleté et affublées de képis alors que l'on parle bien d'un ron colombien!!!On vous voit sourire les mecs...vous pensiez à la même chose??? Nous ne sommes que des victimes du marketing, pauvres hommes sans défenses...(les femmes diront simplement que nous ne pensons pas toujours avec notre cerveau...) nous avons tous notre photo, posant fièrement avec notre verre (juste pour l'alibi) au milieu de ces gentes damoiselles, alors que, remarque de la femme, "c'est bizarre, tu ne fais pas de photos avec les maîtres de chais de telle ou telle marque???"....

Bref, voici un peu d'histoire tout même :

Severo Arango y Ferro arrive à Cartagena de Indias, Colombie, en 1751, afin de contrôler et de développer le commerce entre les Amériques et l'Espagne. Homme de pouvoir et très autoritaire, il acquiert rapidement le doux nom de "Dictador" ... Son descendant, Don Angel Nùnèz décide de créer sa distillerie, la Destileria Colombiana. Il développe son influence et la distribution de spiritueux et vins. Sa famille perpétue le travail accompli avant que la distillerie ne soit incorporée dans un groupe plus grand, lui permettant ainsi de rayonner plus largement. Nous sommes ce soir sur leur 12 ans. Un rhum à 40°d'alcool qui est élaboré depuis la fermentation de mélasse de canne à sucre distillé en continu dans un alambic en cuivre et ensuite dans une colonne en acier. Il est finalement vieilli dans d’anciens fûts de chêne suivant la méthode solera.

17 éme dégustation mars 2016

Nous avons une couleur d'un ambre cuivré aux reflets dorés. Le col n'est pas spécialement gras et les larmes s'estompent assez rapidement.

Au nez, nous sommes principalement sur des arômes de café froid et de moka. La noix et les raisins secs en arrière plan, viennent se mélanger aux épices douces et à la cassonade. Un petite pointe d'alcool se fait également ressentir.

L'attaque en bouche est également un peu alcooleuse. Nous restons dans le même registre. L'omniprésence du café et du moka éclipse quelque peu la vanille et le chocolat au lait qui tentent de se frayer un passage. C'est assez sucré et pas suffisamment équilibré.

La finale, très correcte voire longue, nous donne l'impression d'en avoir terminé sur un café glacé avec toujours ce moka qui ne quittera jamais la dégustation. C'est aussi légèrement poivré et amer sur le chocolat noir.

Très intéressant de regoûter ce rhum que nous avions présenté un soir de novembre 2014 . Force est de constater que du chemin a été parcouru et que nos exigences ont été fortement revues à la hausse. En toute humilité et en toute franchise, nous pensons qu'il s'agit d'un Ron certainement plus destiné aux néophytes désireux d'explorer divers horizons avant de trouver leur voie. Il plaira à bon nombre de dégustateurs pour ses saveurs très singulières et marquées de moka et de café glacé. Les autres par contre, risqueraient de trouver ces arômes prononcés, trop linéaires. Sa belle tenue lors de la finale, aura étonnement été son point fort. Nous tenons enfin, sincèrement, à remercier Dictador pour la confiance qu'ils nous ont accordé en mettant cette bouteille à notre disposition. Prochainement, nous auront l'occasion de vous parler de la version Solera 20 ans, qui selon mes souvenirs, se positionne bien au dessus. Pour les plus curieux ou les plus vicelards (au choix), les hôtesses n'étaient malheureusement pas de la partie. Pour 39€, elles n'allaient quand même pas se déplacer. Faut pas exagérer, non plus...

 

Restons dans les Ron, en montant en gamme.

Zacapa 2015

17 éme dégustation mars 2016

Zacapa, un nom que tout amateur de rhum ( ici de ron en l'occurrence) connait! Mais connaissez vous un minimum l'histoire de cette marque très populaire? Zacapa est le nom d'une ville du Guatemala fondée à la fin du 19éme siècle. Pour fêter le centenaire de la ville, le principal producteur de rhum du pays décida de créer le "ron zacapa centenario". Contrairement aux idées reçues, Zacapa n'utilise pas de mélasse pour élaborer ses rhums, mais plutôt du jus de canne à sucre première pression (concentré) issus d'une plantation située dans une plaine volcanique, et ce, afin d'en faire un miel. Après fermentation, il est distillé dans un alambic à colonne simple, doublé de cuivre afin d’augmenter le goût et de supprimer les impuretés. Ensuite, ce ron développe lentement sa complexité et son caractère, année après année, dans un un des centres de maturation les plus hauts du monde, sur les montagnes de Quetzaltenango, à 2300 mètres d’altitude. Ce processus implique l’assemblage de différents rhums ayant séjourné en fûts ayant précédemment servi à l’élaboration de whisky américain, de sherry et de vins de Pedro Ximenez, suivant la methode solera. Pour ce qui est de la version LIMITADA 2015, cette cuvée est née de l’assemblage de fûts âgés de 6 à 24 ans qui ont ensuite été affinés pendant deux ans dans des fûts de chêne blanc et dans des fûts de chêne français.

17 éme dégustation mars 2016

Nous sommes sur une couleur ambre profond avec de généreux reflets acajous. Le col est assez gras et les jambes épaisses, accrochent bien aux parois du verre.

Nous avons un premier nez assez gourmand rappelant certains rhums finis en fûts de Sherry. C'est pâtissier avec des arômes familiers tels que la vanille, la crème vanille, la crème brûlée, le caramel, la mélasse, le café et les fruits confits. Nous retrouvons aussi un léger côté boisé et fumé. Nous avons également noté la présence subtile d'agrumes (citron et mandarine). Un petite pointe d'alcool vient finalement rappeler sa présence.

L'attaque en bouche est douce voire même liquoreuse sur la vanille, les raisins secs et le caramel au beurre salé. C'est gras, fin et résolument gourmand sans pour autant être écœurant. Nous avons des fruits secs (amande et abricot), du sucre brun, du café et du cacao. Un petit côté acidulé bien balancé sur la fin, équilibre parfaitement l'ensemble.

La finale, des plus agréables, est longue sur les fruits secs et le café. Un sensation douce de glace au rhum/raisin finit par envahir nos papilles. Le bois brûlé et un petit côté fumé nous permettent de ne pas nous laisser submerger par la douceur.

Après l'édition 2013 (sherry finish) et l'édition 2014 (jardin aromatique), nous avions peur que Lorena nous sorte un rhum vieilli sur la lune ou dans les profondeurs de la Mer du Nord. Il n'en sera heureusement rien. Sans être d'une complexité déconcertante, ce rhum « dessert » respecte à merveille le cahier des charges. Gourmand à souhait, il ne s'est jamais montré écœurant pour la cause. Reconnaissons que la limite est excessivement mince pour ce qui est des Ron solera. La frontière n'aura pas été franchie ici. Le pourcentage d'alcool et la puissance relative délivrée n'y sont certainement pas pour rien. Quoi qu'il en soit, on peut dire qu'il s'agit d'un joli produit dont le prix se situe dans la norme des tarifs que pratique Zacapa (environ 87€).

Fin de soirée pour nos ron, attaquons les agricoles.

Fin de soirée pour nos Ron, attaquons les agricoles.

Depaz XO

17 éme dégustation mars 2016

Elle nous fait de l'oeil à tous cette magnifique boite en bois avec ses écritures gravées en lettres noires. Et son contenu est très attendu par la légion.... Mais avant de nous ruer sur ce bel objet nous allons vous conter une jolie petite histoire familiale. Suite à une éruption volcanique à St Pierre en Martinique au début du 20ème siècle, Victor Depaz se retrouve orphelin. Peu de temps après, ayant appris la terrible nouvelle alors qu'il était sur le continent, il décide de revenir en Martinique et de racheter à la famille d'Aurigny les 521 hectares en friche de l'Habitation Pécou. Il y reconstruit une distillerie pour exploiter les cannes à sucre de ses terre sur le flan de la montagne pelée. Les rhums Depaz obtiendront leur première médaille à la foire de Marseille en 1922, première d'une longue série jusqu'à nos jours.

Ce jour la version XO, assemblage de rhums de 8, 9 et 10 ans. 45%/vol pour cet agricole.

17 éme dégustation mars 2016

Nous avons une magnifique couleur vieille or. C'est gras sur le verre et les longues jambes sont bien marquées.

Le nez est d'une complexité assez remarquable. Nous partons sur un registre de fraîcheur, de finesse et de gourmandise. Nous notons dans un premier temps la présence de la canne fraîche. Viennent ensuite les fruits frais avec la Jonagold, la poire juteuse et les agrumes avec l'orange sucré. Les fruits exotiques et plus particulièrement les fruits de la passion apportent quant à eux un peu d'acidité. Les fruits secs seront pour leur part représenté par les amandes. Le boisé, pour sa part totalement maîtrisé, est des plus agréable. Ce nez si délicat sera finalement marqué par la réglisse et les notes florales.

Bien que l'entrée soit un peu grasse, la bouche, toujours d'une aussi belle fraîcheur, est cependant moins expressive et complexe que le nez. L'équilibre est toutefois parfait entre le boisé et la fraîcheur de la canne et des fruits. Nous retrouvons la présence de la pomme mais avec de la Granny cette fois. C'est ensuite mentholé et un peu épicé sur le poivre. Le chocolat fait une brève apparition avant de laisser cette sensation de fraîcheur nous envahir définitivement.

La finale est longue et tannique sur le bois, la vanille et la pelure d'orange. C'est moins expressif et puissant mais c'est fin et subtile. Nous retrouvons les fruits exotiques (avec la mangue) et le menthol.

Nous avons eu la joie de nous retrouver face à ce magnifique produit qui nous aura séduit par un nez d'une remarquable complexité et d'un ensemble résolument dominé par la fraîcheur. Il s'agit d'un rhum, totalement maîtrisé, qui se distingue d'avantage par son équilibre et sa subtilité que par sa puissance aromatique. D'une finesse considérable, il se destine aux amateurs les plus avertis. Le prix est tout de même assez conséquent (comptez 95€). Cela pourrait s'expliquer par le fait qu'il s'agit ici de l'ancienne version. En effet, ayant récemment changé de packaging, notre édition semble vouée à disparaître prochainement. Concernant les nouvelles bouteilles justement, nous avons malheureusement cru comprendre que le breuvage était de moins bonne facture.

A vérifier...

Nous ne nous éloignons pas trop puisque nous restons en Martinique pour le suivant. Les deux autres rhums de la soirée qu'il nous reste à déguster commencent déjà, quant à eux, leur aération. A respectivement 58% et 70,4%, on peut raisonnablement leur accorder quelques minutes de repos...

A bientôt

La légion Rhumaine,