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La Légion Rhumaine

Compte rendu des dégustations du club de rhum et de ses activités.

Skeldon 1978

Publié le 13 Mars 2016 par La légion Rhumaine

1978/2005 - 60.4% - 688 bouteilles

1978/2005 - 60.4% - 688 bouteilles

Lorsque l'occasion vous est donnée de déguster un rhum d'exception, un morceau d'histoire, un trésor, on ne peut que se considérer comme extrêmement chanceux et privilégié. On se dit qu'il s'agit d'une opportunité qui ne nous sera, sans doute, offerte qu'une seule fois dans notre existence. On en est excessivement fier, mais pas seulement...

En effet, lorsque le précieux porte le doux nom de Skeldon 78, une pression se fait assez vite ressentir. Parce que oui, comme vous pouvez l'imaginer, il ne s'agit pas d'une simple dégustation où le produit sera décortiqué de manière assez basique. Il s'agit d'un rhum qui demande le plus grand respect, voire la plus grande admiration. Rappelons que nous parlons ici d'un genre qui n'existera plus jamais.

Dès lors, l'excitation et l'impatience laissent la place à certains doutes. Est-ce le bon moment ? Serons-nous prêts ? Serons-nous capables de faire face à ce monument ? Pourrons-nous le comprendre, le déguster et l'apprécier de façon totalement objective?

En fin de compte, on est dans l'incapacité de le dire...

Seulement, le jour de la rencontre finit par arriver et il n'est plus question de se poser de questions...

Les premiers contacts se font fébriles. Le liquide est versé d'une main tremblotante dans nos verres. Nos doutes ne font que s'accentuer...

Nous sommes en admiration devant ce breuvage d'un ambre profond tirant vers l'acajou. Les reflets dorés sont des plus distingués. La substance est huileuse voire visqueuse et colle littéralement au verre. Une magnifique couronne se forme rapidement mais empêche les larmes de se dessiner. L'ensemble est comme figé dans le temps et les fines jambes ne semblent pas vouloir rejoindre le fond de notre verre.

C'est tout simplement superbe.

Timidement, nous commençons à établir un lien et nous faisons la rencontre avec les premiers arômes qui nous sont, pour le moins, familiers : du pruneau et des raisins secs sur fond de vernis. C'est épicé et légèrement fumé avec une pointe d'acidité aussi.

Il est encore, clairement, trop tôt pour l'aborder.

Il faut encore du temps et de la tranquillité. Toujours ce respect et cette crainte. Le boisé se fait, alors, fondu sur les fruits exotiques et l'ananas. C'est relativement gourmand. Le bouquet évolue ensuite sur le tabac, le cuir et le grain de café. Toujours aussi boisé, nous terminons sur des notes résolument fruitées et exotiques avec de la mangue et de l'orange.

Pensant pouvoir être prêts, nous y allons.

En bouche, c'est comme nous le présagions. Le contact se fait tout en douceur et en complexité. Les sensations sont décuplées. C'est, gras, lourd, concentré et puissant.

Assez confiants, nous avançons tout de même petit à petit afin de ne pas précipiter les choses.

Le cuir fait ressortir le côté animal tandis que la réglisse et le boisé nous permettent de garder le cap. L'alcool, quant à lui, ne se fait étonnement pas ressentir. C'est magnifiquement exécuté. Partis peut-être trop prudents, nous voici finalement bien maîtres de la situation.

La finale est interminable et d'une complexité sans pareil. Un petit côté poivré fait son apparition aux côtés de la réglisse et la mangue. Le boisé se fait, lui, plus humide.

On meurt d'envie d'y retourner mais l'instant est passé. Il ne nous reste que les dernières effluves du verre vide pour graver à jamais dans nos mémoires le souvenir de ce chef d’œuvre.

Après pareille dégustation, il est difficilement possible d'être objectif. Un tel rhum n'existe plus et nous avons pris énormément de plaisir à déguster ce magnifique morceau d'histoire. Au départ de cette soirée, nous ne voulions pas trop nous poser de question et laisser faire les choses.

D'autres passionnés avaient, en effet, déjà rendu hommage de bien belle manière à ce rhum.

Notre but n'était en aucun cas de vous livrer une pâle copie des notes présentées sur certains sites comme, notamment l'excellentissime Durhum.com.

Cependant, en grattant ces quelques lignes, nous avons voulu saluer à notre façon ce monument qui peut être considéré comme un des meilleurs rhums jamais embouteillés.

Sans prétention et en toute simplicité, juste en vous faisant part de nos doutes, de notre enthousiasme et de notre fierté.

 

Picsus et Taquetus

Skeldon 1978
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