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La Légion Rhumaine

Compte rendu des dégustations du club de rhum et de ses activités.

18 ème dégustation avril 2016 - Part II

Publié le 26 Avril 2016 par La légion Rhumaine

18 ème dégustation avril 2016 - Part II

Après nous être dernièrement arrêtés à Marie-Galante, nous voici de retour sur les terres de la Guadeloupe pour notre 5ème rhum de la soirée.

Longueteau XO

18 ème dégustation avril 2016 - Part II

La plus ancienne distillerie de Guadeloupe encore en activité étant la seule à être entièrement autonome en cannes à sucre. Après l’achat d’un chai de vieillissement et de fûts, la distillerie propose deux marques de rhums vieux agricoles: KARUKERA et LONGUETEAU. Longueteau se distingue par l’utilisation de deux sortes de cannes à savoir la bleue et la rouge. Ce XO est issu de l’assemblage de 70% de rhums 8 ans, 20% de 9 ans et 10% de 10 ans.

18 ème dégustation avril 2016 - Part II

Nous avons une jolie couleur ambre cuivrée avec des reflets dorés. Un beau col laisse filer lentement les fines jambes.

Au nez, c'est d'une finesse et d'une complexité remarquables. Dans un premier temps, nous avons des arômes frais, fruités et herbacés avec de la canne fraîche, de l'ananas et du citron. L'ensemble se fait plus chaud ensuite avec la présence du tabac, du bois ainsi que des notes fumées. Le menthol, présent dès le départ, finit par s'effacer au profit d'un bouquet plus pâtissier avec les fruits confits et le caramel au beurre. L'envie de s'y plonger est irrésistible.

La bouche est grasse, suave, riche et concentrée. Nous restons sur le registre de la fraîcheur avec le jus de canne et le menthol. Le bois et les épices (vanille, cannelle, poivre) réchauffent, quant à eux, nos papilles. Nous avons également des notes fruitées mais sous une forme plus acidulée cette fois. La fin de bouche, marquée par la réglisse et une petite amertume, se fait très légèrement astringente.

La finale, d'une belle fraîcheur, est très longue et assez grasse. Nous avons, une nouvelle fois, de très agréables retours sur la canne fraîche et le menthol. Une petite touche poivrée se fait également ressentir.

Un superbe rhum, tout en délicatesse et en fraîcheur. Bien qu'accessible, il nous a paru cependant assez complexe. Nous avons pris énormément de plaisir à le déguster mais nous avons un peu peiné lorsque nous nous sommes retrouvés devant nos fiches de dégustation. (bouhouuuu, la légion, qu'ils sont mauvais!!). Selon nous, il s'agit d'un rhum magnifiquement réalisé, sans défaut et débordant de qualités mais qui se destine clairement aux palais les plus avertis. Cette jolie carafe se situe aux alentours des 115€.

''Quand on aime, on ne compte pas''. Nous ne nous éloignons donc pas trop puisque nous retournons à Marie-Galante pour le suivant. Oui je sais, au niveau destination nous aurions pu varier un peu plus mais nous nous y plaisions tellement que nous avions envie d'y passer une bonne partie de la soirée. Et puis en plus, on fait ce qu'on veut!

Velier MG 9ans

18 ème dégustation avril 2016 - Part II

Ce rhum de Marie Galante (comme ses initiales l’indiquent) est issu de la récolte de rhum agricole Bielle de 2003. La société indépendante Velier achètera une quarantaine de fûts et les laissera vieillir sous le climat tropical. Après son vieillissement en ex-fût de Bourbon où nos anges se seront, comme d'habitude, bien fait plaisir, ce rhum affichant 49%/vol sera embouteillé en 2012 à raison de 4000 bouteilles. Malheureusement, comme tous les rhums embouteillés par Luca Gargano, cette petite merveille n’échappe pas à la règle et est devenu presqu’introuvable.

18 ème dégustation avril 2016 - Part II

Au niveau de la couleur nous sommes sur du vieil or. C'est bien brillant et relativement gras. Les longues jambes s'étirent sur les parois du verre. Assez Joli !

Le nez est riche, concentré et complexe. Tout d'abord, les fruits sont représentés sous différentes formes: confit, compoté et frais (pêche, prune jaune, abricot, fruits exotiques). La canne apporte ensuite son lot de fraîcheur tandis que l'alcool ne se fait pas totalement oublier (ce n'est pas pour autant désagréable). Nous sommes bien en présence d'un Bielle.

La bouche est pleine, puissante, vive et relativement douce. Nous retrouvons les fruits frais (fruits jaunes avec la pêche, agrumes avec le citron et fruits exotiques). Nous notons également la présence de fruits séchés (mangue) et de fruits secs (amande). La fraîcheur de la canne est, pour sa part à nouveau au rendez-vous. L'ensemble est légèrement épicé sur la réglisse, ce qui marque sensiblement la fin de bouche par ce côté quelque peu anisé.

La finale est longue sur les agrumes, la réglisse et les notes boisées.

Imaginez Maestro Gargano se promenant chez Bielle et se disant qu'il peut rendre un de ces millésimes encore meilleurs. Est-ce seulement possible, me direz-vous? Et bien, j'ai envie de vous dire oui. Il s'agit sincèrement d'un rhum excellent. Un Bielle survitaminé, tout simplement ! Pour ce qui est du tarif, il faut compter au jour d'aujourd'hui environ 120€. En effet, comme souvent avec les produits que Mister Gargano touche et qui finissent par disparaître au fil des années des mois, les prix s'envolent. Quoi qu'il en soit, même à ce tarif, ce rhum justifie son prix.

On quitte définitivement la Guadeloupe pour nous rendre en Guyana où notre Demerara du soir nous attend.

El Dorado rare collection - Enmore 1993

18 ème dégustation avril 2016 - Part II

Après avoir fermé les portes à ce magicien de Luca Gargano (encore lui?), Demerara distillers se lance cette année dans l’embouteillage de 3 releases limitées à savoir un Versailles 2002, un Port Mourant 1999 et enfin cet Enmore 1993. Déjà séduits par la série de blends El Dorado, il nous tardait de goûter ce Demerara rum distillé à partir d’un alambic à colonne en bois ( Enmore Still) et vieilli minimum 21 ans sur place (en Guyane) dans d’anciens fûts de bourbon. Ce rum brut de fût (embouteillé au degré naturel) n’est que le début d’une longue série d’éditions limitées embouteillées par la distillerie Diamond. Notez que cette distillerie mondialement reconnue pour ces produits haut de gamme se démarque par sa distillation atypique notamment grâce à ses vieux alambics en bois.

18 ème dégustation avril 2016 - Part II

Nous avons une couleur ambre cuivrée. La couronne relativement grasse laisse apparaître d'épaisses et lourdes jambes. Cela s'annonce pour le mieux.

Le nez est complexe, puissant, gourmand. Dans un premier temps, les effluves d'alcool dissipées, nous avons un côté boisé et légèrement fumé assez présent. Les fruits viennent en second plan avec la mangue et la banane flambée. L'ensemble se fait ensuite plus épicé (vanille, cannelle) et plus gourmand avec le caramel, la cassonade et le sucre roux. Les notes de café torréfié, présentes dès le début de la dégustation, ne nous quittent pas d'une seconde alors qu'une pointe de menthol fait une discrète apparition. Le bouquet évolue finalement vers quelque chose de plus pâtissier avec les fruits cuits et la pâte d'amande. C'est vraiment très riche.

L'attaque en bouche est puissante et chaude. Toujours aussi complexe, on repart sur des arômes fortement boisés et épicés (clou de girofle, vanille, cannelle). Nous avons ensuite de la banane mûre et des fruits secs avant qu'une légère amertume arrive en rétro-olfaction. L'alcool ne se fait, quant à lui, pas du tout ressentir. C'est très équilibré et parfaitement exécuté.

Douce et gourmande, la finale est longue sur la réglisse, le bois et les fruits (jaunes et exotiques).

Maestro Gargano (toujours lui !) nous a régalé durant bon nombre d'années avec ses propres embouteillages DDL (Demerara Distillers Limited). Il ne faut pas se raconter d'histoire, nous ne sommes plus en plus face des mêmes produits. Ce Enmore ne déçoit pourtant pas et remplit à merveille le cahier des charges qui lui est imposé. Il s'agit d'un rhum puissant, vif, gourmand et chaud comme nous les adorons. Ce n'est certes pas Velier mais force est de constater que rares sont les rhums de mélasse qui nous procurent autant de plaisir que nos Demerara vieillis sous les tropiques. Nous avons été conquis par un de ces premiers Rare Collection qui était attendu au tournant et, à tort, souvent descendu avant même sa sortie. Nous aurons l'occasion de vous parler prochainement du Versailles 2002 (oui, je sais, il y a du sucre ajouté!) et du Port Mourant 1999.

Comme d'habitude, notre petit bilan :

Un peu plus sophistiqué qu'à l'accoutumé, notre apéro à base d'Arcane Délicatissime a pas mal surpris. Le Mezan, récemment médaillé d'or au Rum XP de Miami (nous n'alimenterons pas le débat à ce sujet), n'a pas particulièrement retenu notre attention. Le Mombacho était plaisant mais sans réelle surprise. Puis, grand départ pour la Guadeloupe et Marie Galante où nous avons pris énormément de plaisir à déguster ces produits tout simplement excellents. La finesse et la fraîcheur ont indéniablement été les maîtres mots les concernant. Et finalement notre bon Demerara bien gras et tout en puissance, comme on l'aime. La soirée a été réussie à bien des égards mais nos notes de dégustation se sont avérées quelque peu laborieuses par moment tant certains rhums présentés étaient complexes. Nous avons du simplement 'travailler' un peu plus et comme vous pouvez l'imaginer, nous en avons souffert le martyre...

A bientôt !

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