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La Légion Rhumaine

Compte rendu des dégustations du club de rhum et de ses activités.

19 ème dégustation - Mai 2016 part II

Publié le 30 Mai 2016 par La légion Rhumaine

19 ème dégustation - Mai 2016 part II

Nous revoici pour la suite de notre soirée. La première partie s'était montrée des plus intéressantes et des plus plaisantes. Voyons si les trois derniers rhums de notre sélection tiennent la corde. Premier élément de réponse avec le numéro 4 du line-up :

HSE Small Cask 2007

19 ème dégustation - Mai 2016 part II

En janvier dernier, nous avions fait connaissance avec le HSE small cask 2004 qui avait fait l'unanimité (un délice...), nous voici de retour avec son petit frère, le millésime 2007. Toujours vieilli en mini-fûts de chêne du Limousin de 55l, à 46%. La différence est l'âge, ce 2007 est 1 an 1/2 plus jeune que son prédécesseur. Mis en vieillissement le 15 décembre 2007 et mis en bouteille le 18 juin 2015. (Version 2004: 1/10/2004-4/11/2013).

19 ème dégustation - Mai 2016 part II

Nous avons une couleur d'un ambre profond tirant vers l'acajou. Un fin disque verdâtre plane sur la surface du verre tandis que l'ensemble du breuvage tapisse généreusement les parois de celui-ci. La couronne, ainsi que les jambes, sont bien grasses. Ces dernières peinent d'ailleurs à redescendre dans le fond du verre.

Au nez, c'est concentré et riche. Nous partons dans un premier temps sur le registre de la gourmandise avec le biscuit imbibé, le massepain et la vanille bourbon. Les fruits secs apparaissent ensuite rapidement avec la présence remarquée de l'amande douce et de la noisette. Les fruits exotiques apportent finalement leur lot de fraîcheur avec la mangue et le fruit de la passion. Le boisé, n'étant pas en reste, est quant à lui totalement équilibré.

L'attaque en bouche est quelque peu sèche mais cette sensation se dissipe cependant assez vite pour laisser place à un ensemble résolument plus gourmand, pâtissier, moelleux et parfumé. Tout d'abord nous retrouvons les fruits secs et la fraîcheur de la coco qui s'allient à merveille avec le chocolat au lait. La pâte de fruits rouges apporte ensuite un léger côté sucré et acidulé. Le côté boisé est bien evidemment de la partie. Et une nouvelle fois il est parfaitement maîtrisé. La fin de bouche, plus épicée pour sa part, est quelque peu astringente.

La finale est relativement longue sur le bois. L'ensemble s'oriente toujours vers ce côté gourmand et pâtissier. Bien que ce soit légèrement épicé, nous retrouvons le massepain cuit, les amandes douces et la vanille. La tarte aux fruits rouges nous amène ce sucre et à nouveau cette petite acidité tandis que la peau de noix fraîche apporte une légère amertume en fin de dégustation.

Au sein de notre groupe, nous avons des petites certitudes... Le fait d'aligner un HSE lors d'une de nos soirées et le trouver totalement à notre goût fait partie de celles-là! Comme déjà dit à de nombreuses reprises, cette maison ne nous a vraiment jamais déçu. Lors de cette note, nous avons cependant tâché de faire en sorte que notre objectivité ne soit pas altérée par la simple vue de ces trois lettres mais ça aussi, vous le saviez! Ceci étant, nous étions vraiment impatients de découvrir ce Small Cask 2007. En effet, ayant fortement apprécié l'édition 2004, nous avions hâte de voir si son successeur était du même calibre. Plus axé sur la gourmandise (et ce coté pâtissier si marqué) mais toujours aussi riche, concentré et boisé, ce 2007 s'est montré simplement différent. La préférence entre ces deux millésimes ne serait, de ce fait, qu'une question de goût. Quoi qu'il en soit, nous pouvons sincèrement dire qu'il s'agit d'un rhum comme nous les aimons (et oui, encore une fois!). Son tarif, lui, devrait se situer dans les alentours des 70 Eur lorsqu'il sera distribué chez nous...Allez, le seul un défaut ? C'est encore et toujours une 50cl...

Nous ne partons pas bien loin mais nous montons sensiblement en puissance :

Trois Rivières Cask Strength 2006

19 ème dégustation - Mai 2016 part II

Nous restons donc en Martinique pour un rhum assez atypique de la maison Trois Rivières, qui est non seulement embouteillé à son degré naturel sans réduction (brut de fût), mais également vieilli en fûts de chêne du Missouri neufs. Le rhum Trois Rivières millésime 2006 cask strength titre à 55,5%, est issu de la Loge 23, mis en fût le 04/08/2006 et embouteillé le 06/08/2014.... Puissance boisée ??? Verdict...

 

19 ème dégustation - Mai 2016 part II

La couleur est d'un ambre cuivré avec de généreux reflets dorés. Les larmes bien grasses et bien épaisses, se laissent lentement glisser dans le fond du verre.

Dans un premier temps, le nez se fait tout en puissance avec des notes dominantes d'alcool. L'ensemble se réchauffe rapidement sur le bois brûlé. L'alcool se dissipe ensuite pour laisser place aux épices (poivre, noix de muscade et vanille) et aux agrumes (zeste d'orange et mandarine). Un petit côté herbacé et acidulé font également leur apparition avant que le bouquet ne bascule définitivement sur de la réglisse.

L'entrée en bouche est légèrement sèche. C'est toujours aussi puissant et tannique. Nous retrouvons d'abord le bois (humide, cette fois) et les épices avec à nouveau la vanille et la muscade. Nous avons dans un second temps, de beaux retours sur la canne fraîche, la noisette et la châtaigne. L'alcool est, quant à lui, bien maîtrisé.

La finale, toujours aussi tannique, est belle et assez longue sur le chêne. Les arômes de châtaigne en retro et la compote de fruits amènent une certaine gourmandise en fin de dégustation.

De la puissance, de la chaleur et du chêne à profusion !! Voici un Trois Rivières dont les marqueurs traditionnels matérialisés par la canne fraîche, le bois (peut-être un peu trop influent sur cette expression) et la réglisse ont été représentés à la perfection. Survitaminé, ce Cask Strength, au tempérament des plus affirmés, ne fait cependant pas dans la demi mesure et ne s'adresse en aucun cas aux amateurs désirant découvrir cette marque en douceur. Il s'agit d'un rhum qui nous aura globalement bien plu et qui aura aisément trouvé sa place, compte tenu de sa puissance, comme avant dernier rhum de la soirée. Au niveau du tarif, nous tournons dans les 63 Eur pour une 50cl.

En parlant de line-up, nous voici arrivés à l'apogée de celui-ci :

Blairmont 1991

19 ème dégustation - Mai 2016 part II

Ouvrir un Demerara de chez Velier devient quelque chose de solennel tellement ses bouteilles sont rares et recherchées. Avec l'annonce de l'arrêt du partenariat entre Luca Gargano et DDL (Demerara Distillers Limited), les prix qui étaient déjà assez élevés ont littéralement flambés. Actuellement nous pouvons multiplier les prix originaux par 5 voire par 10... Résultat des courses, les bouteilles encore fermées risquent bien de le rester !!! Mais.... Mais, ne reculant devant aucun sacrifice, la légion va pourtant le faire, et à plusieurs reprises dans les mois à venir...(ça c'est du teasing!). Commençons par le Blairmont 1991, Guyana, distillé par un alambic à colonne de type "Savalle" en septembre 1991 et embouteillé en mars 2006, pour un total de 1913 bouteilles issues de 7 fûts, rhum entièrement vieilli sur place, titrant 56%. Ce rhum était à moins de 100€ à sa sortie et vendu pour 500€ dernièrement sur e-bay.... Que dire???.....

19 ème dégustation - Mai 2016 part II

Nous avons une couleur cuivrée avec de jolis reflets dorés. La couronne, relativement huileuse, délivre péniblement d'épaisses larmes. Celles-ci, après s'être figées un certain temps, finissent par couler nonchalamment le long du verre.

Le nez s'ouvre sur des notes chaudes de tabac (boîte à cigare), de sucre brun et d'alcool. Le bouquet apparaît comme étant extrêmement riche et concentré. Le boisé ainsi que les épices tentent de s'affirmer mais ne peuvent empêcher l'omniprésence de l'alcool. Le citron jaune amène, malgré tout, une légère sensation de fraîcheur.

L'attaque en bouche est chaude, concentrée et sirupeuse. Nous notons à nouveau une grosse présence d'alcool anesthésiant légèrement les papilles. Passé ces effets, les sensations se font plus tanniques avec la présence massive du bois. La pêche mûre et les orangettes apportent ce petit côté gourmand en fin de bouche. L'alcool se montre toujours aussi envahissant ce qui semble rendre cet ensemble quelque peu déséquilibré.

La finale, puissante, est assez longue sur le bois. Nous relevons également une pointe d'amertume et un petit coté acidulé en fin de dégustation.

Quel bonheur de placer un collector dans un line up. La dégustation d'une pièce de collection est toujours un moment unique et un peu particulier (mais pas pour autant aisé). Nous ne devons cependant pas succomber à l'émotion mais déguster le produit tel qu'il est réellement : avec son histoire, ses qualités et ses défauts. Et ce Blairmont alors? Bien qu'il eut été excessivement réjouissant de découvrir ce Millésime, nous ne pouvons pas vraiment dire qu'il s'agisse d'un exemple d'équilibre. L'alcool occupe en effet beaucoup de place et empiète de façon envahissante sur les autres arômes, beaucoup trop en retrait. Il ne s'agit en aucun cas d'une déception même si nous en attendions peut être un peu plus. Quoi qu'il en soit, le simple fait d'avoir pu déguster ce Blairmont a tout simplement été jouissif. Le prix de cette jolie bouteille au jour d'aujourd'hui ?? Déjà plus de 300Eur...

 

Nous aurons eu droit à de la mélasse, de l'agricole, de la finition, du full proof, de l'embouteilleur indépendant, du collector...Un line up assez complet, riche et plaisant où deux rhums se seront tout de même démarqués : Le Savanna pour sa personnalité hors du commun et le HSE pour sa maîtrise et son parfait équilibre. Il n'y aura pour autant pas eu de grand écart avec les autres produits tant ceux-ci se sont avérés d'une qualité certaine. Une très belle soirée rhumaine, en tout les cas...

A bientôt.

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