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La Légion Rhumaine

Compte rendu des dégustations du club de rhum et de ses activités.

Dégustation de Décembre 2016

Publié le 6 Février 2017 par La légion Rhumaine

Dégustation de Décembre 2016

Karukera Blanc

Dégustation de Décembre 2016

Nous commençons cette soirée par le Karukera blanc (50%). Nous en profitons d’ailleurs pour remercier chaleureusement Mr. Guillaume Drouin pour cette dégustation.

Le Domaine du Marquisat de saint Marie en Guadeloupe nous fournit ici une variété unique de canne pour l’élaboration de ses rhums agricoles, à savoir la canne bleue. Cette variété de canne, qui tirerait ses origines de l’île de la Barbade, est cultivée pour son profil aromatique et sa richesse en sucre qui lui confèrent sa typicité. Les rhums Karukera sont distillés chez Longueteau, sur une colonne de distillation entièrement en cuivre et l’ensemble de l’élaboration des produits de la marque Karukera est supervisé par la famille Drouin (dont la réputation n’est plus à faire dans la production de Calvados).

Au visuel, nous avons un col très gras et de longues jambes. Le verre nous offre un beau blanc brillant et cristallin.

Au nez, nous sommes directement pris par des notes de canne fraîches et de fleurs blanches suivies par des notes salées iodées presque médicinales. On décèle également une pointe de fruits rouges sur l’eau de vie de fruits (cassis, framboises).

La bouche a une attaque sèche et épicée qui laisse entrevoir des notes d’amertume sur les agrumes et la canne fraîche. Une fraîcheur saline bien présente laisse cependant le rhum s’ouvrir sur des arômes plus fruités.

La finale, sur la poire et les épices, est d’une belle longueur et revient avec des notes salées-iodées.

En résumé, un rhum frais et puissant vraiment intéressant que l’on a pris plaisir à déguster et qui s’accommode également très bien d’un zeste de sirop de canne en Ti ’Punch.

Opthimus 25 ans

Dégustation de Décembre 2016

Passons maintenant à l’un des produits phare de la gamme de la maison Oliver & Oliver, l’Opthimus 25 ans. Produit et distillé en république Dominicaine, il serait issu de la distillation de pur jus de canne… pour être ensuite vieilli en ex-fûts de Bourbon suivant la méthode solera. Pour la petite histoire, les produits Opthimus sont toujours embouteillés et étiquetés à la main.

Le verre nous offre une belle couleur d’un ambre profond, à légers reflets dorés, qui nous ferait presque penser à un vieux cognac. Le verre arbore un fin col avec de longues larmes grasses.

Le nez est gourmand et pâtissier avec des arômes de cacao, de vanille et d’amande. S’ensuivent des notes plus fruitées sur l’orange confite, les raisins secs et la figue séchée. Après aération, on part sur le boisé vineux des essences de vieux sherry avec un retour sur la réglisse et le beurre salé.

La bouche est ronde et onctueuse sur les épices douces (vanille, cannelle) et le fruit (raisin de Corinthe, fruits blancs). Un petit côté boisé typique des fûts de Bourbon lui donne de la consistance en bouche et nous amène sur des notes d’amandes et de réglisse.

La finale, d’une belle longueur malgré son degré de réduction (38%) nous amène sur des notes de sucre roux, de miel et de bois fumé.

En résumé, un bon produit à la fois rond, onctueux et boisé, mais qui n’aura pas convaincu, ce type de produits correspondant de moins en moins aux attentes de dégustation de nos légionnaires…

Compagnie des Indes – Sainte Lucie 13 ans

Dégustation de Décembre 2016

Le troisième rhum de la soirée, un Sainte-Lucie 13 ans (édité à 296 bouteilles) de l’embouteilleur indépendant Compagnie des Indes, nous amène sur les terres de Roseau où est implantée la distillerie. Florent Beuchet  nous livre ici une fois de plus un rhum toujours aussi original et atypique.

Saint Lucia Distillers, fondée dans les années 70, importe principalement sa canne à sucre de Guyane et République Dominicaine bien que le domaine ait recommencé la culture de canne à sucre sur l’île depuis 2009. La distillerie utilise 4 alambics : une colonne double en inox, deux pot still et un Vendôme. Il s’agit donc ici, vraisemblablement, d’un assemblage du Coffey still et des deux pot still. Le vieillissement continental de 13 années s’est fait en ex-fûts de Bourbon de premier remplissage et l’embouteillage est sans filtration ni ajouts de sucre ou colorants comme sur la plupart de produits de la gamme CDI.

Le visuel nous offre un or paille avec de légers reflets brillants.

Au nez,  les premières notes offrent un panel organique de cuir tanné et de vernis suivi de notes herbacées et de fleurs séchées. Après aération, des arômes plus frais sur les fruits exotiques et les pommes mûres se font sentir. On note également de la gourmandise qui nous amène sur les pruneaux, la banane mûre et la vanille.

La bouche a une attaque vive et sèche sur la langue avec des notes de réglisse et de bois brûlé. C’est chaud et épic, avec des notes plus terreuses et médicinales. On lui reprochera cependant une intégration alcooleuse quelque peu astringente qui nous laisse sur une amertume légèrement trop prononcée.

La finale, d’une belle longueur nous laisse sur des notes plus douces de bois noble et d’alcool de fruits sur la prune et la reine-claude.

En résumé, un CDI qui nous aura séduits pas son profil aromatique même si on lui reprochera une légère astringence alcooleuse.

Caroni 17 ans

Dégustation de Décembre 2016

La suite du line-up continue avec un gros coup de cœur dans la grande famille des Caroni : le Velier Caroni 17ans. C’est un produit d’un très bon rapport qualité-prix vu le cours du marché de ses grandes sœurs et par lequel tout amateur devrait passer s’il ne connaît pas encore la singularité de ces rhums exceptionnels que nous ne présenterons plus.

Issu d’un assemblage de divers fûts de millésime 1998 et embouteillés en 2015, il a connu une maturation en ex-fûts de Bourbon sous climat tropical avec une part des anges supérieure à 70%. Pour information, l’étiquette de la bouteille est un hommage à celle qui fut éditée en 1940 pour commémorer « l’âge d’or des rhums de Trinidad ».

La couleur est d’un bel ambre profond avec un beau col gras et de longues larmes suaves.

Le premier nez nous emporte sur des notes organiques de vieux cuir et de tabac entourant une pointe de fruits exotiques. Les notes phénoliques et goudronneuses qui ont fait les lettres de noblesse de la distillerie sont moins prononcées que sur les versions des 12 et15 ans, et ce au profit d’arômes plus gourmands et fruités sur la pêche, l’abricot et les amandes.

En bouche, on retrouve les marqueurs du nez de façon magnifiquement structurée. C’est puissant et d’une belle complexité. On a vraiment un bel équilibre entre les notes phénoliques d’une part (goudron, caoutchouc) et des arômes fruités d’autre part (pêche, banane, abricot) qui se contrebalancent mutuellement. La fin de bouche nous amène sur des notes de bois brûlé, de réglisse et  d’épices.

La finale, d’une très belle longueur, nous amène pour terminer sur des notes plus gourmandes de cacao torréfié et de chocolat au lait.

En résumé, un Caroni plus gourmand et fruité que ce qu’on connait habituellement. Bien équilibré, concentré et complexe, son rapport qualité-prix est également excellent quand on voit les prix auxquels se vendent aujourd’hui ses grandes sœurs millésimées. A goûter et re-goûter (tant qu’il est encore possible de le faire…).

El Dorado (Rare Collection) – Versailles 2002

Dégustation de Décembre 2016

Nous passons maintenant à notre dernier produit de la soirée.

Le El Dorado Versailles 2002 est l’une des trois releases de la gamme « Rare Collection » dont nous vous avions d’ailleurs présenté le Enmore 1993 lors de la dégustation d’avril 2016. L’alambic Versailles, aux célèbres lettres (mark) « VSG », est un single pot still en bois… En d’autres mots : difficile de faire plus archaïque pour distiller du rhum! Et pourtant, c’est peut être cette simplicité extrême se passant de toute recherche de rendement qui lui confère ses arômes inimitables. Cet alambic est malheureusement à l’arrêt depuis quelques années. Ce rhum, lui, embouteillé en 2015, a passé ses 12 années de vieillissement sous le climat tropical de Guyane en ex-fûts de Bourbon. On aurait cependant, selon certaines sources, une valeur de sucre ajouté de 14g/L et l’on pourra donc reprocher à Demerara Distillers Ltd. de quelque peu manquer de transparence sur ce point.

Le visuel nous offre un ambre léger tirant sur le vieil or. Le col est plutôt fin.

Le nez est puissant et dégage tout d’abord des arômes de bois toasté, de moka et de noix. S’ensuivent des notes de torréfaction, de chocolat amer et de réglisse. Après aération, le nez se fait plus frais et gourmand sur les agrumes et les fruits secs avec une pointe acidulée de menthe fraiche.

La bouche est un beau concentré aromatique des éléments retrouvés au nez. L’alcool est magnifiquement intégré pour ses 63% (l’ajout de sucre n’étant probablement pas négligeable pour ce paramètre…). Nous avons une belle attaque gourmande sur les amandes, les noix et le café glacé. Les notes plus sèches et réglissées s’adoucissent petit à petit pour laisser place à un côté praliné et de chocolat au lait.

La finale est d’une longueur exceptionnelle sur le bois précieux et une légère amertume sur le zeste d’orange et la menthe poivrée.

En conclusion : un produit fin et complexe du point de vue aromatique, d’une belle longueur et dont le degré d’alcool élevé a été bien intégré (les sucres probablement ajoutés aidant?).

Notre soirée touche donc à sa fin et l’on retiendra sans aucun doute ce Caroni 17 ans qui aura fait l’unanimité au sein du groupe de par sa fraîcheur, son équilibre et sa complexité. Le Karukera s’est révélé un très chouette produit et une belle découverte dans la gamme des rhums blancs. L’Opthimus 25 ans n’aura pas convaincu. En effet, loin d’être un mauvais produit, il correspond de moins en moins aux attentes de dégustation de nos légionnaires (que les amateurs de « Ron » nous en excusent). Le Compagnie des Indes Sainte Lucie 13 ans nous aura fort séduits pas son profil aromatique même si on lui reprochera une légère astringence alcooleuse. Enfin, l’El Dorado Versailles 2002, qui bien qu’il souffre toujours de l’attente que l’on a d’un produit aussi mythique que VSG, se révèle fin, complexe et d’une magnifique longueur.

A très bientôt ! 

NB: Pour ceux qui désirent les fiches individuelles au format pdf, celles-ci sont disponibles dans la rubrique téléchargement.

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