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La Légion Rhumaine

Compte rendu des dégustations du club de rhum et de ses activités.

Dégustation de Janvier 2017

Publié le 2 Mars 2017 par La légion Rhumaine

Dégustation de Janvier 2017

Nous commencerons cette première dégustation de 2017 en souhaitant tout d’abord la bienvenue à Franck et Marc de chez Massen qui nous font l’honneur de leur présence ce soir.

Le “line-up” commence aujourd’hui dès l’apéro avec le J.R. on the rocks sous forme du cocktail “JR Lime”. C’est frais et très rafraîchissant. En ce mois de janvier, on se sentirait presque partis sous les tropiques… A retenter en été à coup sûr! Au-delà de la fraîcheur du citron vert et de la gourmandise du sucre de canne, cette « eau de vie pur jus de canne à sucre » trouve sa place et nous développe des arômes boisés et de délicats parfums floraux et fruités si propres à la distillerie Reimonenq.

Un grand merci à Mme Gouyer pour cette jolie découverte qui aura agréablement surpris l’ensemble des légionnaires!

Plantation Barbados 2001

Dégustation de Janvier 2017

Passons maintenant au premier rhum de la soirée, le Plantation Barbados 2001. Ce rhum de 12 ans d’âge est issu d’un assemblage de rhums ayant passé 9 années en ex-fûts de Bourbon et de Xeres (Barbade) avant de poursuivre leur vieillissement pendant 3 ans supplémentaires en fûts de Cognac Pierre Ferrand (Château de Bonbonnet, France)

Au visuel, nous sommes sur un vieil or soutenu. Le verre arbore un fin col et de longues jambes assez grasses aux reflets légèrement mielleux.

Le nez est fruité et floral. Dès les premiers effluves, il se dégage des arômes de banane flambée, de fruits exotiques et d’une pointe de coco. C’est doux et rond avec des notes de sucre roux et de vanille assez prononcées.

L’attaque en bouche est douce, ronde et suave sur la vanille et les épices douces. La banane cuite et les fruits exotiques restent bien présents et s’intègrent remarquablement aux notes plus boisées qui montent en puissance et nous amènent sur les épices et le poivre noir.

La finale, d’une belle longueur, est assez sèche sur les épices et le bois.

En résumé, un chouette produit d’entrée de gamme et d’un bon rapport qualité-prix qui remplit bien sa place en ce début de line-up.

J.M 1999 15 ans

Dégustation de Janvier 2017

Passons maintenant au JM 1999 15 ans. Pour ceux qui auraient raté les divers épisodes J.M de la légion, voici une petite piqure de rappel : la plantation et la distillerie se situent sur les flancs de la montagne Pelée, au nord de la Martinique. En 1845, le domaine sera revendu à un certain Jean-Marie Martin (d’où les rhums nommés J.M). Gustave Crassous de Médeuil rachètera le domaine et fusionnera celui-ci à son habitation Bellevue pour former une propriété de 400 hectares. En 2002, le propriétaire des rhums Clément en deviendra l’actionnaire.

Ce millésime 1999 est, pour sa part, issu d’une distillation à colonne en cuivre de type créole à 72% avant de faire son vieillissement de 15 ans dans les chais de l’habitation Bellevue avec une part des anges supérieure à 70%. Embouteillé à un degré de 42,6%, il bénéficie de l’AOC Martinique comme l’ensemble des produits de la gamme (gamme d’ailleurs régulièrement primée aux concours internationaux comme ce millésime qui a obtenu la médaille d'or au Concours Mondial des Spiritueux de Bruxelles en 2016).

Le verre nous offre une belle couleur acajou avec des reflets vieil or.  Un beau col gras et de longues jambes suaves pourront clore cette description visuelle.

Le nez est ample et opulent sur les marqueurs typiques de chez J.M. C’est frais et herbacé sur la pomme verte acidulée, la poire et les fruits compotés. On retrouve également des notes de torréfaction, de vanille et de fruits à coque après aération.

La bouche est de suite plus virile avec une attaque chaude et sèche sur le bois brûlé et les épices. Celle-ci évolue sur la réglisse et vers des notes plus végétales et herbacées avec une pointe anisée. Le côté acidulé et frais des fruits revient subtilement en deuxième bouche avec les notes de pomme verte et de poire.

La finale est tanique et d’une belle longueur sur les épices, le bois et la réglisse. On lui reprochera cependant un côté un peu trop linéaire en rétro.

En résumé, un rhum au nez très prometteur mais qui aura manqué un peu de complexité aromatique en bouche pour réellement nous séduire par rapport à d’autres millésimes de cette distillerie. Il n’en reste pas moins un excellent produit prisé de nombreux légionnaires qui aura quelque peu souffert de la comparaison de ses grands frères…

New Grove Royal Blend

Dégustation de Janvier 2017

Passons maintenant de l’autre côté du globe, au niveau de l’océan Indien, pour notre troisième rhum de la soirée: le New Grove Royal Blend. Souvent évoqué sur les pages de notre blog, voici un petit rappel concernant cette maison. C'est en 1838 que 3 frères Harel font l'acquisition du domaine de la sucrerie Belle Vue afin de développer la production de sucre de canne dans le nord de l'Île Maurice. Ce n'est qu'en 1932 que la société Harel rachète la distillerie OK & Co Ltd qu'il rebaptise Grays. En 2004, grâce au partenariat avec la société Quartier Français de la Réunion (nouvelles techniques de vieillissement avec l'achat de fûts de grande qualité), le rhum vieux traditionnel New Grove est né. Au jour d’aujourd’hui, la distillerie produit environ 6 millions de litres d’alcool par an.

Le rhum, dégusté ce soir, est issu d’un assemblage des millésimes 2005, 2006 et 2007 auquel est ajouté une légère part de fût de millésime 1969. Le vieillissement s’est fait en fûts de chêne français et a subi un affinage en fûts de châtaignier, d’acacias et de porto. Sur papier, cela nous promet donc une belle complexité! Embouteillé à 45,6°, ce rhum se veut naturel et sans ajout de colorant, sucre ou caramel, et n’a pas été filtré avant embouteillage. Nous gouterons ce soir et pour la petite anecdote, la bouteille n° 53 sur un total de 800 bouteilles produites.

Au visuel, nous sommes sur un joli cuivré aux reflets légèrement ambré avec un beau col gras et brillant tirant sur le vieil or.

Le nez nous offre un panier de fruits exotiques typiques des “New Grove” sur la mangue, les fruits de la passion, les ananas, la pêche ou encore l’abricot. C’est très gourmand dès les premiers effluves sur les fruits confits et le sucre de canne avec des notes de mangue et d’abricots compotés. Le tout évolue sur les notes plus fraîches et acidulée des fruits de la passion, des agrumes et d’ananas.

La bouche a une attaque douce et sucrée sur les fruits frais présents au nez (mangue, abricot, ananas) qui nous laissent une petite pointe acidulée avant d’évoluer vers une deuxième bouche plus capiteuse et gourmande sur la vanille et le miel. La fin de bouche nous ouvre sur des notes plus florales et herbacées de fleurs blanches et de menthe fraîche.

La finale, chaude et épicée, nous offre des notes plus organiques et boisées de torréfaction, de tabac et de cuir.

En bref, un bel assemblage qui lui confère une magnifique complexité au nez comme en bouche mais dont les arômes de la finale manquent quelque peu de la longueur et de la fougue que l’on retrouvait dans les millésimes “brut de fût” déjà dégustés de la gamme (2004, 2005 et 2007).

Savanna 15 ans traditionnel Porto Finish.

Dégustation de Janvier 2017

Après une coutre interruption, nous reprenons sur les terres voisines de l’île Maurice que nous avions quitté pour la Réunion avec le Savanna 15 ans traditionnel Porto Finish.

Pour rappel de notre précédente aventure, la distillerie Savanna a été conçue et réalisée par Émile Hugot, surnommé « Monsieur Sucre », entre 1948 et 1950 à Saint-Paul. Mais la première mention d'une distillerie sur le domaine de Savanna date des années 1870. La distillerie sera transférée en 1992 à Saint-André sur le site de Sucrerie de Bois-Rouge. En effet, suite au démarrage de la première centrale mixte charbon bagasse, Savanna se retrouva privée de son unique source d'énergie, la bagasse de Bois-Rouge (résidu fibreux de la canne à sucre qu'on a passée par le moulin pour en extraire le suc). Avec une production de 300hl par jour, Savanna produit des rhums de "vrac" pour des clients et, sous son propre nom, et divers rhums des deux grandes familles: “agricole” et “traditionnel” de sucrerie, obtenu à partir de la mélasse (le « miel de la canne à sucre »). La gamme Savanna est assez variée : rhum blanc, agricole, traditionnel, Grand Arôme (Savanna serait d’ailleurs la seule distillerie à en commercialiser une version vieillie), single cask, brut de fût, affinage et plus récemment le très particulier HERR…

La version qui nous occupe ce soir a été distillée en 1999 dans une colonne de type Savalle. Single cask issu du fût n° 973. Il a effectué son vieillissement en fût de cognac et a subi un affinage en fût de porto pour être embouteillé à 46% en janvier 2015 (bouteille n° 161/1190).

La couleur est d’un bel ambre cuivré avec de longues et fines jambes aux reflets vieil or.

Le nez est concentré et complexe. Il nous offre de subtils arômes boisés mélangés à des notes plus suaves de fruits rouges et de sous-bois (mûres, cerises griottes, myrtilles). Après aération, on retrouve des notes plus pâtissières sur les fruits à coque, l’amande grillée et une pointe de chocolat amer pour enfin s’envoler vers un bouquet floral, fin et délicat.

L’attaque en bouche se fait ample et opulente, et nous emporte sur des notes boisées de torréfaction et des saveurs plus médicinales de cuir et de tabac. Le tout s’ouvre peu à peu sur des notes plus fruitées de fruits rouges et noirs. Cerise, mûre, myrtille ou encore cassis nous en offrent un bel éventail. La fin de bouche se fait plus sèche sur l’amertume de l’anis et la réglisse.

La finale, d’une belle longueur et complexité, revient sur l’amertume du bois et de la réglisse avec des notes tanniques et de tabac en rétro.

Un rhum plaisant et complexe dont les marqueurs propres à la distillerie sont bien représentés et finement intégrés.

Passons maintenant aux deux derniers rhums de la soirée et non des moindres, à savoir des deux derniers Caroni de la gamme Velier ! J’en profite au passage pour remercier nos deux hôtes Franck et Marc d’avoir permis à la légion de se procurer ces deux produits quasi introuvables dès leur sortie.

Distillés en 1996 au sein de la distillerie équipée des plusieurs alambics à colonne et alambics à repasse, ils ont fait leur vieillissement pendant 20 années au sein de chais sur les terres de Trinidad & Tobago. Ces 20 années sous climat tropical ont donné lieu à une part des anges de plus de 85%.

Velier Caroni 1996 20 ans (Heavy)

Dégustation de Janvier 2017

Commençons avec le 34rd release Caroni 100° Proof 1996. Embouteillé à 57,18%, ce degré n’est pas anodin. En effet, au 16ème siècle, on distinguait deux classifications des spiritueux en fonction de leur degré d’alcool et qui étaient déjà taxées différemment à l’époque… Cette distinction consistait à tremper une pastille de poudre à canon dans  l’alcool et voir si elle pouvait encore brûler ou pas. La poudre ne prenant pas dans un rhum contenant moins de 57,15% ABV. Ce taux a été défini comme ayant 100 degrés de preuve (100° Proof).

D’un ambre profond avec de beaux reflets cuivrés, le fin col et les longues et fines jambes nous offrent un visuel des plus alléchants.

Les nez, puissant et complexe, nous emmène tout d’abord sur des notes fruitées et gourmandes avec de la mangue et des fruits exotiques, de la vanille Bourbon et du sucre roux. Les notes empyreumatiques se font subtiles et s’intègrent magnifiquement aux arômes étonnamment doux, ronds et fruités de ce Caroni.

L’attaque en bouche est puissante et concentrée sur les fruits mûrs (mangue, banane cuite). C'est rond et gourmand avec une pointe médicinale de cuir qui nous amène sur une deuxième bouche où les notes phénoliques pétrolifères de goudron et une pointe de réglisse s’invitent subtilement et s’intègrent parfaitement à la rondeur des fruits mûrs.

La finale, magnifiquement longue, nous ouvre sur des notes de tabac et de poivre noir.

Velier Caroni 1996 20 ans (Full)

Dégustation de Janvier 2017

Nous terminons enfin ce line up avec le 35rd release Caroni Full Proof 1996. Embouteillé à son degré naturel de 70,1%, ce rhum est issu d’un stock de 11 fûts pour un total de 3038 bouteilles.

Sa robe est d’un magnifique or cuivré avec de légers reflets acajou. Le col, duquel se dessinent des larmes épaisses, est fin et gras.

Le nez, d’abord assez fermé s’ouvre sur une puissance et une explosion aromatique de fruits concentrés (mangue, pêche, fruits de la passion) et de fleurs séchées. Les notes boisées et phénoliques de bois brûlé et de goudron sont bien présentes et se contrebalancent mutuellement. L’alcool est ici remarquablement bien intégré pour ce 70,2% que l’on pressent charpenté mais nullement astringent.

La bouche est puissante et ici, par contre, les notes pétrolifères nous enveloppent littéralement les papilles. Les notes d’hydrocarbure, de réglisse et de torréfaction nous montrent l’éventail de leur puissance aromatique. La deuxième bouche évolue sur les notes fruitées déjà évoquées, de vanille et d’épices fortes. Des notes de chocolat amer et tabac ponctuent une fin de bouche exceptionnellement complexe.

La finale est d’une longueur sans fin et nous emmène une dernière fois sur un bel équilibre des fruits mûrs et du cacao torréfié

En résumé, deux produits qui nous auront une fois de plus mis en extase. Ces deux versions se distinguant chacune par leurs qualités propres. La version réduite nous aura conquis par sa gourmandise et son côté magnifiquement structuré. La version full Proof nous aura une fois de plus bluffé par la longueur exceptionnellement complexe et son concentré de fruits. Une fois de plus, merci Mr Gargano de nous régaler de ces pépites du monde du rhum.

Xa

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