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La Légion Rhumaine

Compte rendu des dégustations du club de rhum et de ses activités.

Dégustation de novembre 2015

Publié le 1 Décembre 2015 par Picsus - Taquetus - Greyus - Cesar

Dégustation de novembre 2015

Le jour qu'on attend depuis un mois est enfin arrivé! Exceptionnellement c'est Mike M, qui reçoit. La dégustation va se dérouler, ce soir, dans un showroom. Un endroit assez atypique pour passer une soirée de ce genre mais notre hôte a mis tout en place afin qu'on s'y sente chez nous. Les premiers légionnaires arrivent au compte goutte tandis que d'autres se font attendre. Durant la journée, certains ont du, malheureusement, annuler. Nous sommes, malgré tout, ravis de pouvoir compter parmi nous notre premier invité du soir, Vincent. (Retrouvez ici son interview).

La soirée démarre alors par le traditionnel rhum coca. Ce soir, c'était Centenario añejo + orange. Délicieux, comme à son habitude. Et surtout au prix que ça coute, nettement moins cher que d'autres rhums du genre (et moins bons) vendus en grande surface.

Nous préparant à entrer dans le vif du sujet, après cet apéro, Ruben nous informe qu'il aimerait avoir notre avis concernant un de ses produits en vente : les Ti arrangés de ced'. Des rhums très largement plébiscités par nos amis les Français et les amateurs de rhums arrangés en général. Première surprise de la soirée, donc, il nous offre un verre du « Fraise goyavier ».Les avis, à l'issue de ce 'test', ont globalement été positifs. (seuls deux ou trois n'ont pas trouvé ce produit 'à leur goût'...). La réflexion, en général : «en été, bien frais, pourquoi pas? ».

Apéro terminé, on attaque le premier rhum du line-up:

Le compagnie des Indes Caraïbes

Dégustation de novembre 2015

Il s'agit d'une marque assez récente créée par Florent Beuchet qui prône une transparence totale au niveau des informations d' âge, sucre, ajouts, distillerie.... Ses rhums sont quasi exclusivement des "single cask" issus de nombreuses provenances exotiques, à l'exception de quelques blends, (une sorte de première étape, de mise en bouche au single cask parfois brut de fut), dont celui testé ce soir... Le "Caraïbes", blend de Guyana, Barbades, Trinidad et Tobago vieilli en fûts de Boubon entre 3 et 5 ans dans les Caraïbes puis assemblé, avec un ajout de sucre de 15g/ L.

Dégustation de novembre 2015

A l’œil, nous avons de l'or soutenu, une couleur vive avec de jolis reflets brillants.Rien de bien gras. De fines jambes tombent assez vite dans le fond du verre.

Au nez, le côté vanillé et épicé de Trinidad est bien présent. C'est léger et patissier (baba). Des arômes de raisins secs ont également été détectés.

En bouche, l'attaque est douce mais légèrement alcooleuse. Le fruité, propre à certains rhums de Barbades, est ressenti. On retrouve du sucre, de la vanille, une fraîcheur orangée avec une légère amertume. La complexité est relative : correcte pour les uns, quasi-inexistante pour les autres.

La finale, assez moyenne, est astringente pour certains. On termine, cependant, sur des notes boisées, d'amende avec cette petite amertume décelée en bouche.

Un rhum d'entrée de gamme qui fait super bien le boulot. Il s'agit, en effet d'un produit assez accessible et qui plaît surtout grâce à son budget serré.

Seconde petite surprise de la soirée, Vincent n'est pas venu les mains vides. En effet, un responsable de la marque Maja lui a fait parvenir une bouteille de Ron Maja 12ans dans le but d'avoir un retour sur son produit. A l'occasion de notre réunion, Vincent s'est dit que ça serait une bonne idée de la partager avec nous. Bien vu et encore merci!

Ron Maja 12 años

Dégustation de novembre 2015

Pas encore distribuée en Belgique, cette nouvelle marque de rhum se compose de 2 produits, un 8 ans et un 12 ans, dont la canne à sucre, mélasse, distillation et vieillissement ont été faits au Panama..., la touche finale étant apportée par le Master Blender Don Pancho Fernandez. Le 12 ans est vieilli en fût de Bourbon et a obtenu la médaille de bronze au Rumfest de Berlin (rhums vieux 11-14 ans).

Dégustation de novembre 2015

Au niveau de la couleur, nous n'avons pas réussi à nous mettre d'accord et c'est, du coup, assez varié. Le cuivré ou l'ambré revient cependant le plus souvent avec des reflets dorés, orangés ou encore acajous. Cela a vraiment été difficile d'être unanime. Ce n'est pas spécialement gras et les jambes s’effilent rapidement

Le nez est gourmand, typique de certains sherrys. C'est assez riche et vineux. On y retrouve le boisé qui se mêle aux épices et au sucre brun. Le café torréfié, le chocolat au lait et l'orange complètent le tableau. C'est assez prometteur et on a envie d'y aller.

Bien que ça reste gourmand, l'attaque en bouche est quelque peu sèche. Les épices, le café, le caramel, les fruits secs (noix) et les orangettes nous font un peu penser à un Dos Maderas PX 5+5. Une légère amertume et des notes de citron vert viennent achever une bouche bien complète.

La finale est, cependant, assez moyenne, voire un peu juste. Une sensation liquoreuse et épicée envahit la bouche. De l'alcool fait ensuite une petite apparition en rétro.

Un nouveau produit, découvert ce soir. Un rhum agréable, facile, sucré et gourmand. Un nez et une bouche assez riches. Malheureusement, au niveau de la finale, la promesse n'est pas tenue. Je pense que lorsqu'il sera distribué chez nous, ce Maja 12 años aura sérieusement son mot à dire aux côtés des Diplomatico Reserva Exclusiva, Dictador 12, Zacapa 23 et autre Millonario.

On reprend notre dégustation avec le troisième rhum de la soirée :

J. Bally 7ans

Dégustation de novembre 2015

Sucrerie fondée en 1774 par la famille Lajus, rachetée en 1918 par Jacques Bally et transformée en distillerie en 1923 suite au transfert des machines de la distillerie agricole Dariste, elle restera fumante jusqu'en 1974, la colonne sera transférée à la distillerie Saint-James. Très célèbre pour ses millésimes (dont le fameux 1929), avec sa bouteille carrée, ainsi que ses bouteilles triangulaires (dont le 7 ans du jour), formes toujours utilisées aujourd'hui. Le Bally 7 ans est un rhum agricole vieilli en fût de chêne du Limousin .

Dégustation de novembre 2015

Au niveau de la couleur, ce rhum présente une belle robe ambrée avec des reflets orangés. C'est assez gras et plutôt joli. Les épaisses jambes prennent le temps de couler.

Au nez, on détecte de la réglisse, des fruits compotés (pomme), des épices (poivre), du zeste d'orange, du raisin et de la canne fraîche. C'est vif et assez frais. De part la nature de ce rhum, on change complètement de registre par rapport au deux premiers produits.

En bouche, l'attaque est vive, voire un peu sèche. C'est chaud et boisé mais on ressent malgré tout une petite présence d'alcool. On retrouve les mêmes arômes qu'au nez avec de la réglisse et de la canne fraîche. De l'ananas confit fait ensuite son apparition.

La finale, toujours sur le registre de la fraîcheur, est moyennement longue avec une fin de bouche portée sur les agrumes (citrons verts). On y décèle, finalement, une légère amertume.

Seconde bonne petite découverte de la soirée dans la mesure où beaucoup d'entre nous ne connaissaient pas non plus ce produit. Il s'agit d'un rhum assez équilibré, légèrement complexe et plutôt accessible. Le caractère assumé propre à certains rhums agricoles est, ici, bien présent, ce qui n'est pas pour nous déplaire. Le rapport qualité/prix est, quant à lui, remarquable.

La dégustation se passe pour le mieux bien et nous entamons le quatrième round :

Rhum J.M Cognac finish

Dégustation de novembre 2015

Pour clôturer cette première partie de la dégustation, partons dans le Nord de la Martinique, sur les flancs de la Montagne Pelée, plus précisément à Macouba.... En deux lettres...JM. Tout commence en 1790 avec l' Habitation Fonds Préville; racheté en 1845 par Jean-Marie Martin, la marque JM est née; c'est enfin en 1914 que Gustave Crassous de Médeuil reprend le tout avec ses héritiers par la suite... Malgré une gamme étoffée déjà existante sur laquelle nous aurons l'occasion de revenir lors d'une prochaine dégustation, notamment avec leurs millésimes de 10 et 15 ans, JM a sorti cette année une série de 3 finitions en association avec des maisons renommées que sont Lecompte pour la finition Calvados, Château du Tariquet pour l'Armagnac et le Cognac Delamain pour le testing du jour. Le Rhum est vieilli 8 ans en fût de Bourbon et affiné plusieurs mois en fût de 350l ayant contenu le Cognac Delamain...

A l’œil, nous avons de l'or vif, brillant soutenu. C'est plutôt pale.

Au nez, on retrouve les fruits secs (amande et noisette), les fruits compotés (pomme) typique des rhum J.M. et un boisé des plus distingués. Le cognac se fait quand même présent sans pour autant prendre le dessus et dénaturer notre breuvage.

En bouche, au niveau de l'attaque, c'est rond, doux, boisé et toasté. On y retrouve, ensuite, la pomme cuite et les épices. Ce n'est pas hyper complexe et les arômes ne se bousculent pas au portillon. C'en est presque décevant.

La finale est moyenne, plutôt sèche sur les fruits secs et les raisins. On y décèle également de l'amertume en rétro.

Tous les ingrédients étaient pourtant au rendez-vous : un des meilleurs rhums Martiniquais s'alliant avec un des meilleurs cognacs Français. Que dire...J.M nous fait, en général, voyager ou presque vibrer. Cela n'aura pas été le cas ici. Peut-être un peu trop exigeant par rapport à leurs produits habituels, nous n'avons pas été séduits par ce Cognac finish. On peut tout de même dire qu'il s'agit d'un bon rhum. Un bon rhum, oui, mais sans plus. On peine aussi à comprendre l'argument de vente d'un tel produit alors que leur XO est, gustativement parlant, largement au dessus. L'aspect marketing peut-être...

A ce moment de la soirée, il nous reste, à priori, trois rhums dont deux que tout le monde attend impatiemment.

Nous ne sommes encore tombés sous le charme d'aucun produit, même si la dégustation est assez intéressante et loin d'être finie...

Dégustation de novembre 2015
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