Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La Légion Rhumaine

Compte rendu des dégustations du club de rhum et de ses activités.

18 éme dégustation avril 2016

Publié le 18 Avril 2016 par La légion Rhumaine

18 éme dégustation avril 2016

Après un petit passage à Paris où la plupart de notre groupe a passé un week-end des plus agréables autour de notre spiritueux préféré, nous revoici pour notre rendez-vous mensuel.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, nous tenons vraiment à saluer plusieurs de nos amis Français (et Belges, aussi!) pour l'accueil sur place. Cela a été un réel plaisir de vous rencontrer et d'échanger avec vous! Nous nous revoyons bientôt!!

18 éme dégustation avril 2016

Pour débuter notre soirée donc, nous attaquons avec un Maurizio! (voir ici)

Alors là, on y va au niveau originalité:

- Arcane délicatissime (normalement c'est avec de l'extraroma mais ce dernier mérite une dégustation singulière, me semble-t-il)

- Vermouth rouge (Martini ou autre)

- Liqueur de marasquin

- Zeste de pamplemousse

- 2/3 dash d'angostura bitter

- une cerise au marasquin pour la déco

- un glaçon.

C'est un cocktail assez frais et sucré. Le vermouth est peut-être un rien trop présent mais le pamplemousse vient, quant à lui, équilibrer le tout grâce à son amertume. C'est sympa et pour un minimum d'ingrédients facilement à disposition (oui sauf la liqueur...), c'est assez simple à réaliser. Il s'agit d'un apéro qui peut faire vite sensation!

Tout le monde est arrivé et a pris son apéro, oui? Allez on commence:

Mezan Panama 2006

18 éme dégustation avril 2016

Cet embouteilleur indépendant, pour qui l’adjonction de sucre ou de caramel est à bannir, pratique une filtration légère de ses rhums. Cela a pour résultat de produire des single rhum (provenance d’une seule distillerie) aromatiques tel que les single malts écossais sélectionnés par les embouteilleurs indépendants. En plus de produire du single cask (un seul fût), tous les stocks sont soit vieillis en Angleterre dans d’anciens fûts de bourbon soit vieillis sur place puis transférés dans de nouveaux fûts en Angleterre. La distillation s'effectue dans plusieurs colonnes modernes tandis que le vieillissement est donc effectué deux fois. Mezan ne pratique pas d’affinage afin de préserver la typicité de chacune des distilleries. Cette édition nous provient du Panama et plus précisément au sein de la distillerie Don José. Embouteillé en 2015, il s'agit d'un rhum âgé de 9ans titrant à 40%.

18 éme dégustation avril 2016

A l’œil, nous avons de l'or brillant. C'est soutenu. Le col est gras et la couronne est assez épaisse mais les fines jambes redescendent vite.

Le premier nez est assez puissant et sirupeux. Même si l'alcool est bien présent, nous détectons de la vanille et des fruits confits. Arrivent ensuite les fruits secs (amandes douces) et les fruits frais (orange et mangue). La pomme verte vient, quant à elle, apporter un petit côté acidulé. Malgré tout, l'ensemble est assez plat et manque un peu d'expression.

L'entrée en bouche est vive, épicée et très légèrement sucrée. Même si cela est un peu plus mielleux, nous retrouvons à nouveau l'alcool qui se mélange cette fois aux fruits (banane et abricot). La pelure d'orange et le zeste de pamplemousse viennent finalement titiller cette bouche paraissant quelque peu légère en saveur.

La finale, assez courte, est légèrement astringente. Malgré le peu d'élément notable, nous terminons la dégustation sur de l'alcool, du bois, de la réglisse et une légère amertume.

Au delà des divers aspects positifs que dégage la philosophie de la gamme Mezan, nous n'avons pas été séduits par ce Panama 2006. Il nous a semblé trop peu expressif au nez et vite évaporé en bouche. Il ne s'agit pas d'un mauvais rhum ou d'un produit raté, loin de là mais nous n'y avons pas trouvé un grand intérêt. Niveau tarif, on se situe dans les 44€. A titre d'information, nous devrions bientôt déguster le Jamaïca XO dont nous avons entendu le plus grand bien.

Nous restons sur le continent sud américain pour notre prochain rhum: 

 

Mombacho 19 ans Armagnac finish

18 éme dégustation avril 2016

En provenance du Nicaragua, le nom de ce rhum hispanique (Ron) fait référence au nom d’un volcan très connu dans ce pays et aux sols volcaniques sur lesquels s’étendent les champs de canne à sucre servant à sa fabrication. Notons que Mombacho est produit sur le même site que le Ron Flor de Caña. Il s'agit d'un assemblage de rhums de mélasse de minimum 19ans. Il a d'abord passé 17ans dans d'anciens fûts de Bourbon avant de finir son vieillissement durant deux ans dans des fûts ayant contenu de l'Armagnac. Distillé en 1989, il a été embouteillé en 2008. Nous avions précédemment dégusté le 21 ans Sherry Finish (voir ici) et comme son aîné, notre Ron de ce soir titre à 43%.

18 éme dégustation avril 2016

Au niveau de la couleur, c'est assez sombre. On part sur un ambre très profond avec des reflets acajous. Le col est assez fin et les fines jambes restent littéralement immobilisées à la parois.

Au nez, c'est familier des mélasses hispaniques. C'est vif et expressif sur la vanille, le café, la cassonade et le caramel brûlé. Nous retrouvons ensuite un côté vineux assez prononcé avec la présence des raisins secs ou macérés, de la noix fraîche, des épices. C'est en fait très...sherry ! Une petite pointe d'agrume vient conclure ce nez des plus gourmands.

L'entrée en bouche est grasse, vineuse et suave. D'une belle continuité sur le nez, nous repartons sur les arômes de vanille, de caramel et de fruits secs (noix). Le boisé se fait plus présent mais évolue rapidement sur la noisette torréfiée, le cacao et les épices douces. Une légère amertume fait son apparition en fin de bouche.

La finale est astringente et moyenne sur un boisé bien prononcé. L'amertume se dévoile encore un peu plus avec le chocolat noir et le café (serré). Nous avons à nouveau du caramel, des fruits secs (noix) et un peu d'épice. Un petit côté brûlé restera, in fine, sur la langue.

Un rhum agréable à déguster mais qui nous aura moins plu que la version 21ans Sherry Finish. Nous avons déploré l'absence d'influence de l'affinage Armagnac. A l'aveugle, nous ne sommes pas persuadés que nous aurions pu détecter cette finition tellement les marqueurs traditionnels du Sherry étaient omniprésents. Autre petit bémol: la finale n'aura pas été à la hauteur de la bouche. Notons que cette version est cependant moins chère que son aînée et plus intéressante que certain Ron de ce tarif (comptez 84€).

Nous vous parlions tout à l'heure de rhums dont nous avions entendu le plus grand bien. Et bien, en voici un dont on ne parle pas beaucoup:

ReimonenQ 6 ans

18 éme dégustation avril 2016

Ce rhum agricole (fabriqué à partir du pur jus de canne à sucre et non de mélasse) nous provient de la Guadeloupe. C’est au nord de Basse-Terre que se situe depuis 1916 cette distillerie, au milieu de 25 hectares de champs de cannes. Les frères Joseph et Fernand Reimonenq fondèrent cette distillerie et lancèrent sa production. C'est la fabrication de leur rhum cœur de chauffe qui est mis en fût pour le vieillissement et qui donne leur rhum vieux. Nous aurons également l'occasion de de déguster leur JR ON THE ROCKS, rhum vieilli fabriqué avec un autre type de distillation plus affiné. Découvrons maintenant ce 6 ans...

18 éme dégustation avril 2016

Au niveau de la couleur, nous avons un vieil or éclatant. La couronne est épaisse et visiblement grasse. Les jambes sont, quant à elles, assez longues et glissent très lentement vers le fond du verre.

Au nez c'est fin, frais et délicat. Le boisé est bien présent et les fruits se font la part belle :

Fruits rouges (cerises), fruits exotiques (mangue) et fruits jaunes. Un petit coté mentholé s'accorde, quant à lui, à merveille avec les épices (poivre blanc et clous de girofle). C'est vraiment prometteur.

En bouche, c'est rond, frais et excessivement fruité. La canne fraîche fait son apparition avant que nous repartions sur les fruits exotiques (mangue, passion), les agrumes et la cerise. Nous avons toujours ce menthol et ces épices. Tout en étant agréable, la fin de bouche est légèrement piquante. C'est superbement équilibré et l'alcool n'est absolument pas ressenti.

La finale se fait tout en douceur et en fraîcheur. C'est très long sur la canne fraîche, les fruits exotiques et la menthe. Le boisé se fond joliment sur la cerise et les amandes. L'orange apporte, pour sa part, une très légère amertume. C'est très réussi.

Comment vous faire part de notre sentiment sans trop nous enflammer et en faire des caisses??? Bon... Il s'agit tout simplement d'un petit coup de cœur. Un rhum tout en finesse et en délicatesse. Un équilibre parfait entre le boisé, les fruits et ce côté frais. Un produit (une marque?!) qui, à tort, n'est pas suffisamment plébiscité sur la toile et qui gagne sincèrement à être connu. Nous ne connaissions pas ReimonenQ et le moins que l'on puisse dire c'est que nous sommes tombés sous le charme. Prochainement, la cuvée 2009 Fernand'or. Nous avons hâte !

Pour notre suivant, voilà une petite surprise comme on les adore : un de nos légionnaires (Dakskoblus) est récemment revenu de vacances de Guadeloupe (enfoiré veinard). Bien évidemment, il n'est pas revenu les mains vides. En ayant liquidé la moitié des stocks sur place (et en nous faisant bien baver!!), il a rapporté un petit souvenir afin que nous dégustions ensemble et que nous trinquions à son retour parmi nous (même si à mon avis, il serait bien resté là...). Une jolie bouteille nous provenant d'une de ses nombreuses excursions gustatives.

Bielle 2011/2015

18 éme dégustation avril 2016

Nous voici donc partis à Marie-Galante, là où nous vous avions laissé en janvier dernier et où nous avions eu le plaisir de déguster le Bielle brut de fût 2007 (voir ici). Pour ce soir, il s'agit d'un rhum vieilli 4 ans en fût de bourbon et affiné en fût de Cognac. Il a été mis en bouteille sans filtration et titre à 42%. Toujours au format 50cl, il remplace la version 2009/2013.

18 éme dégustation avril 2016

Au niveau de la couleur, nous avons de l'or. Bien brillant, notre liquide est assez gras sur le verre. Les longues jambes retombent relativement vite.

Au nez c'est doux, mielleux et fruité à souhait. Dans un premier temps, les agrumes (mandarine, orange et citron) et la canne apportent énormément de fraîcheur. L'ananas, la mangue, les raisins blancs (écrasés) et l'abricot composent ensuite le reste du panier. Le café et les amandes viennent finalement compléter ce nez si familier. L'alcool, pour sa part, ne se fait absolument pas ressentir.

L'entrée en bouche est assez franche et sèche. Nous repartons sur le registre du fruit et de la fraîcheur. Nous reconnaissons clairement la patte Bielle. Nous notons le retour de l'orange, de la mandarine et des abricots. Les divers fruits, les notes de miel et la vanille rendent peut être l'ensemble un peu sucré. C'est, en fin de bouche, quelque peu astringent.

Légère, fruitée et avec une longueur correcte, la finale paraît peu complexe mais bien équilibrée sur le bois et la vanille. Nous avons également de l'alcool, des notes de cuir et une légère amertume.

Loin des millésimes brut de fût de la maison mais très bien équilibré et parfaitement exécuté, ce rhum a vraiment été à notre goût (comme toujours souvent avec Bielle). La fin de bouche aurait pu paraître à la limite écœurante mais il n'en fut rien. La finale nous a ramené à la réalité et nous a fait clairement ressentir la jeunesse et la fougue de ce produit. S'agissant d'un cadeau, nous ne parlerons pas tarif... Encore un grand merci à Dakskoblus pour ce cadeau. Comme on dit chez nous, à Liège : quéne binamé !

A suivre...

La légion Rhumaine.

Commenter cet article