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La Légion Rhumaine

Compte rendu des dégustations du club de rhum et de ses activités.

Dégustation octobre 2016

Publié le 19 Octobre 2016 par La légion Rhumaine

Dégustation octobre 2016

Le salon du Rhum à Spa vient à peine de se clôturer que nous nous retrouvons déjà pour notre rendez-vous mensuel! Dès notre arrivée, nous faisons un petit débriefing autour d'un verre. Encore une fois, nous avons trouvé cet événement au top! L'endroit est tout simplement magnifique, de nombreuses marques présentes, "brand ambassador" à la hauteur de leurs produits, des passionnés en tout genre et surtout énormément de convivialité. Nous avons fait des découvertes, des folies et de belles rencontres. Que du positif nous concernant, bien vite l'année prochaine!

Une fois de plus, les hôtesses toutes de cuir vêtues ne nous ont pas laissé indifférents.

En souvenir de ce moment passé avec ces charmantes demoiselles à Spa, démarrons notre sélection avec notre premier rhum :

 

Dictador solera system 20 ans

Dégustation octobre 2016

Précédemment évoqué lors de l'une de nos dernières soirées, nous voilà repartis en Colombie où une marque de rhum se distingue depuis un certain nombre d'années par son marketing souvent accrocheur, voire même aguicheur. A ce jour, Dictador produit également du gin, du café et des cigares... Nous nous cantonnerons cependant au rhum et plus précisément à leur solera 20 ans. Ce rhum à 40% serait élaboré depuis la fermentation de mélasse de canne à sucre, puis distillée en continu dans un alambic en cuivre et ensuite dans une colonne en acier. Pour finalement vieillir dans d’anciens fûts de chêne suivant la méthode solera. Signalons enfin qu'en début de cette année, nous avons assisté à la sortie massive de nombreux millésimes (de 1978 à 1984) repris sous les références « best of ».

 

Au visuel, nous retrouvons une couleur d'un ambre cuivré assez profond. L'épaisse couronne délivre de longues et lourdes larmes qui adhèrent pas mal au parois. Nous remarquons aussi que de petites gouttelettes s'isolent et restent finalement figées en surface.

 

Le nez est exagérément marqué par des notes torréfiées de café et de moka. Le boisé se fait plutôt discret tandis que le chocolat noir, le caramel, la vanille et la mélasse (voire le sucre brun) apporte de la gourmandise. Nous détectons également une pointe d'alcool et des fruits secs (particulièrement la noix).

 

L'attaque en bouche se fait tout en douceur sur le moka, le caramel et le miel. Sans se montrer envahissant, l'alcool se fait un tantinet ressentir. N'étant jamais bien loin, le café arrive rapidement en force pour tapisser entièrement nos palais. Derrière, nous retrouvons la mélasse et la vanille détectées au nez. La peau de noix et le chocolat noir nous donnent droit, eux, à une petite amertume pas du tout désagréable.

 

A nouveau portée sur le café, la finale est plutôt moyenne et quelque peu astringente. L'ensemble est aussi légèrement chocolaté et permet à l'amertume de se faire plus persistante.

 

Vous aimez les Ron ? Vous aimez le café ? Alors foncez, ce Dictador est clairement fait pour vous !! Il s'agit d'un rhum dessert et gourmand essentiellement axé sur des notes torréfiées. Se démarquant sensiblement de l'édition solera 12 nous l'avons globalement préféré à cette dernière. Néanmoins, à long terme le manque de diversité au niveau des arômes pourrait rendre la dégustation quelque peu monotone.

 

Alors, même si César a fait le maximum en mettant sa casquette et son callebar en cuir, ça ne donnait pas pareil... Du coup on est passé au second rhum de la soirée...

Mezan Jamaïca XO

Dégustation octobre 2016

Cet embouteilleur indépendant anglais, pour qui l’adjonction de sucre ou de caramel est à bannir, pratique une filtration légère de ses rhums. Cela a pour résultat de produire des single rhum (provenance d’une seule distillerie) aromatiques tel que les single malts écossais sélectionnés par les embouteilleurs indépendants. La seule exception de la gamme est ce Jamaïque XO qui est en fait un assemblage de rhums provenant des distilleries Monymusk et Hampden. Pas de millésime ni de mention d'âge pour ce blend contenant des rhums ayant entre 4 et 23 ans. Ce small batch de 5000 exemplaires titre à 40%. Signalons que tous les stocks sont soit vieillis en Angleterre dans d’anciens fûts de bourbon, soit vieillis sur place puis transférés dans de nouveaux fûts en Angleterre. La distillation s'effectue dans plusieurs colonnes modernes tandis que le vieillissement est effectué deux fois. Mezan ne pratique pas d’affinage afin de préserver la typicité de chacune des distilleries.

Nous avons une couleur relativement claire se situant entre le paille et l'or pâle. C'est moyennement gras. S'étant disposées de manière disparate sur les parois du verre, une multitude de gouttelettes semblent vouloir éviter la formation de larmes. Cependant, quelques goutelettes glissent facilement le long des parois.

Nous avons un nez assez frais et gourmand sur le fruit avec de la pomme granny, de la poire et la banane verte. De légères effluves de vernis ainsi qu'un côté iodé et salé se dégagent en surface. L'alcool est bien intégré, les fruits se font rapidement plus acidulés. Même si au final le bouquet se montre peu expressif, nous aurions tendance à dire que les caractéristiques des Hampden se sont un peu plus distinguées que celles des Monymusk.

L'entrée en bouche est alcooleuse et plutôt sèche. Nous retrouvons le vernis et le côté acidulé. Nous avons aussi des fruits (citron jaune et de la banane plus mûre), des épices (réglisse et poivre) et du cuir. Une importante amertume se signale en fin de bouche.

La finale s'est montrée plutôt courte sur le poivre et l'amertume du pamplemousse.

 

Lors de cette dégustation, nous avons malheureusement eu une impression de dilution trop importante. La typicité des Jamaïcains nous a semblé de ce fait quelque peu éteinte. Il s'agit d'un rhum qui ne nous aura donc pas spécialement convaincu. Un blend d'une moyenne supérieure à 13 ans issu des deux plus vieilles distilleries de la Jamaïque, c'était pourtant prometteur sur le papier...

 

Prochaine destination, la Guadeloupe (comme bien souvent, d'ailleurs...)

 

Damoiseau 8 ans

 

Dégustation octobre 2016

Implantée à proximité du Moule, Bellevue se trouve être la dernière distillerie en activité de Grande-Terre, en Guadeloupe. Construit vers la fin du XIXème siècle puis laissé à l'abandon depuis la fin des années 20, le domaine fut racheté en 1942 par Louis Damoiseau. Son fils Roger et aujourd'hui son petit-fils Hervé ayant tous deux perpétué les traditions familiales, ont fait de la marque Damoiseau le premier producteur de rhum agricole des Antilles françaises. Fin 2015, ont débuté de gros travaux avec de nouvelles infrastructures. L'objectif étant de doubler la production dans les prochaines années. Avec une production de 3 millions de litres par an, Damoiseau détient à ce jour le plus grand stock en vieillissement de la Guadeloupe. Cette maison peut dès lors se permettre de proposer une gamme des plus complète et des plus diversifiée. Ayant dernièrement dégusté et largement apprécié le somptueux 1989, nous testons aujourd'hui leur 8ans. Distillé en colonne et vieilli durant 8 ans en fût de chêne, il titre à 42%.

 

Nous avons une jolie couleur ambre léger aux généreux reflets dorés cuivrés. C'est brillant, assez gras et l'épaisse couronne laisse calmement retomber de lourdes jambes.

Au nez, c'est riche et typique de ce que la maison Damoiseau nous propose en règle générale. Nous partons d'abord sur une impression fraîche et fruitée de canne, de fruits à chaire jaune et de menthol. Le bois légèrement brûlé, le cola et une influence plus fumée arrive assez rapidement. Les effluves se font ensuite de plus en plus florales (jasmin) et plus végétales (présence remarquée d'olives vertes). Après aération, le bouquet se fera définitivement plus sirupeux et laissera s'exprimer au mieux l'orange juteuse. C'est assez prometteur !

La bouche est puissante, lourde et assez alcooleuse. Le boisée est omniprésent mais laisse tout de même un peu de place à la fraîcheur (menthol) et aux épices (réglisse, badiane). Les fruits sont quant eux beaucoup plus discrets.

La finale, sèche et astringente, est plutôt longue et chaude sur le bois et l'alcool. Nous notons également une amertume qui s'estompe assez rapidement au profit de notes plus fumées et plus épicées (anis).

 

Voilà un rhum qui se traduit par un magnifique nez, une bouche puissante (et un peu plus monolithique) et une finale relativement longue. Les autres arômes un peu éclipsés par le bois et l'alcool ont simplement plus de peine à s'exprimer idéalement. Quoiqu'il en soit, il s'agit d'un excellent produit qui saura trouver bon nombre d'acquéreurs auprès des amateurs de rhums agricoles.

 

On se retrouve bientôt pour la suite!

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